Il est un sujet au moins sur lequel Donald Trump pourra se vanter d’avoir obtenu un résultat à l’issue de son séjour en Chine : Pékin n’aura attendu que son départ pour annoncer une ouverture réclamée depuis longtemps par les Etats-Unis, celle de son secteur financier. Toutes les activités, de la banque à l’assurance en passant par la gestion d’actifs et les métiers de marchés, sont concernées. Certes, le calendrier précis de l’ouverture de chacune d’entre elles reste à préciser, et on sait déjà qu’il s’étalera sur plusieurs années ; il ne fait pas de doute non plus que la porte qui n’était qu’entrebâillée pour les groupes financiers occidentaux ne s’ouvrira pas à deux battants, tant la maîtrise de sa finance demeure stratégique pour Pékin, aujourd’hui comme hier. Comme toujours en Chine, les détails compteront autant que le cadre général. Mais les annonces déjà intervenues le 10 novembre, en particulier la reconnaissance explicite du principe du contrôle d’une société financière chinoise par un étranger, signifient qu’aucune institution financière d’envergure internationale ne devra les sous-estimer.
L’opportunité de cette décision tient d’abord à des considérations nationales. Après l’entrée du renminbi dans le panier de devise des DTS du FMI, il y a un an, puis l’inclusion des actions chinoises dans les indices MSCI cet été, la Chine franchit un nouveau pas important dans sa longue marche vers le statut de superpuissance financière. Il s’agit aussi de donner le plus rapidement possible aux acteurs de la finance chinoise des pratiques et une gouvernance de niveau international. La stabilité financière nationale devrait y trouver son compte ; et les sociétés financières locales devraient bénéficier de l’heureuse influence étrangère pour se policer. Ce sera important non seulement pour s’imposer face à leurs grands rivaux mondiaux mais aussi pour éviter de voir leur expansion à l’étranger freinée par les exigences des régulateurs internationaux. Sur un autre registre, après cette apparente bonne manière faite au lobby financier américain, les négociateurs chinois pourront contrer plus énergiquement la rhétorique protectionniste en vogue à Washington.
D’autres raisons moins avouables pour Pékin pousseront peut-être certains grands de la finance mondiale à la circonspection. C’est en particulier le cas des banques qui, à l’exception de HSBC, ont tiré de leurs premières expériences en Chine des leçons très mitigées. Les plus engagées ont plié bagages et n’y reviendront qu’avec circonspection. Jamais l’économie chinoise n’a été plus endettée, et s’exposer à ce risque ne figure peut-être pas parmi leurs priorités. En revanche, pour les gérants d’actifs, la perspective de participer à l’essor prévisible des marchés encore sous-développés de l’épargne et de la retraite est autrement séduisante. A condition bien sûr de disposer de réseaux de distribution adéquats. Pour tous, la route vers la croissance et la rentabilité restera aussi une longue marche.
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