Londres presse le pas pour la cession privée de Northern Rock

Alistair Darling doit présenter aujourd’hui un plan de conversion de la dette en obligations, éloignant le spectre d’une nationalisation de la banque
Benoît Menou

Les autorités britanniques ont bien du mal à se faire à l’idée d’une nationalisation de la banque en difficultés Northern Rock. Pour autant, toutes les hypothèses restent d’actualité, a déclaré en fin de semaine le Premier ministre Gordon Brown, y compris celle de la nationalisation.

Afin de calmer les appréhensions de candidats potentiels à la reprise de l’établissement financier, le Chancelier de l’Echiquier Alistair Darling est attendu cet après-midi à la Tribune de la Chambre des Communes. Il s’agirait de faire part d’une décision, suggérée par Goldman Sachs qui dirige en coulisses l’opération de sauvetage, de convertir en obligations garanties en partie par l’Etat 25 milliards de livres sterling de dettes contractées par l’établissement de Newcastle auprès de la banque d’Angleterre ces derniers mois.

Alistair Darling devrait détailler les conditions d’octroi de cette faveur au bénéfice des éventuels repreneurs. Un communiqué des pouvoirs publics est cependant attendu dès avant l’ouverture des négociations ce matin à la Bourse de Londres.

En parallèle, Gordon Brown est arrivé hier en Inde, accompagné d’une délégation de dirigeants d’entreprises, dont Richard Branson en personne, suscitant ainsi la critique et les rumeurs de pacte d’ores et déjà noué avec l’homme d’affaires au sujet de Northern Rock. Toute négociation a lieu à Londres, et dirigé par le Trésor, a assuré Gordon Brown, qui entend répondre à son devoir d’examiner toute proposition sérieuse. Aux côtés de Virgin, la société d’investissement Olivant et un groupe de dirigeants de Northern Rock pourraient participer à la bataille pour le contrôle de la banque. Selon le Sunday Times, le groupe Virgin est disposé à améliorer son offre afin de convaincre les actionnaires.

Le Chancelier de l’Echiquier devrait aujourd’hui également annoncer qu’il donne deux semaines aux prétendants pour lui présenter en bonne et due forme un plan de financement et les équipes pressenties pour mener à bien le renouveau de la banque en crise.

Moquant les tergiversations du Gouvernement, un représentant de l’opposition libérale outre-Manche, Vince Cable, a avancé hier que « le Premier ministre évoque désormais une issue impliquant un acheteur privé, mais sans engager de fonds privés ». Le projet du Gouvernement pourrait également se heurter aux contraintes de Bruxelles en termes d’aides publiques, si toutefois le marché semble accueillir avec bienveillance une émission obligataire de cette envergure, proposée en plusieurs tranches.

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