L’OICV veut encadrer davantage les agences d'évaluation des prix du pétrole

L’organisation aimerait s’assurer que les agences sont le plus transparentes et rigoureuses possible lorsqu’il s’agit d'évaluer les prix
Solenn Poullennec

C’est le moment pour les acteurs du marché du pétrole d’exprimer leurs doléances sur la transparence des prix. L’organisation internationale des commissions de valeurs (OICV), qui fédère les régulateurs de Bourses, vient d’ouvrir une consultation d’un mois sur la régulation des agences qui fournissent les prix de l’or noir.

Cette mission lui a été confiée par le G20 fin 2011. Car les agences, dont les plus influentes sont Platts (filiale de McGraw-Hill) et Argus Media, ont un grand pouvoir sur les marchés physiques et financiers, au comptant et à terme. «Leurs activités sont aussi susceptibles d’avoir un impact systémique étant donné l’importance du pétrole pour l’économie mondiale», justifie l’organisation. Elle propose donc de les encadrer, par exemple par les régulateurs des marchés physiques ou des marchés dérivés.

L’OICV souligne que les prix fournis par les agences et qui vont servir de référence (comme le Brent ou le WTI) pour les différents types de pétroles ne sont pas établis dans la plus grande transparence et peuvent être soupçonnés de manipulation. Pour déterminer les prix, les agences interrogent les acteurs du marché mais ceux-ci ne sont pas obligés de leur faire part de toutes leurs opérations. «Le nombre de transactions fournies pour évaluer les prix est parfois inférieur à cinq et il n’est pas rare qu’aucun prix ne soit communiqué à une agence», fait valoir l’OICV. Elle suggère donc de rendre obligatoire la communication de toute transaction aux agences.

Chaque agence a sa méthode, susceptible d’influencer le marché. Par exemple, Platts, évalue les prix à partir des transactions qui lui sont communiquées, pendant une seule période au cours de la journée. Et si il n’y a pas eu de transaction, une agence doit apprécier les prix par d’autres voies, comme consulter un panel d’acteurs du marché. L’OICV interroge donc sur la nécessité de mettre en place un audit externe pour s’assurer que les agences ont des mécanismes de contrôle internes rigoureux.

Le régulateur ouvre aussi le débat sur les potentiels conflits d’intérêts : «Il est possible qu’une agence obtienne une information qui pourrait influencer l’évaluation des prix et la pousser à se démarquer de sa méthodologie». Enfin, il pointe du doigt l’absence de concurrence réelle entre les agences, qui «sont chacune dominantes sur des marchés différents».

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