Lloyds confirme la réouverture des RMBS britanniques
En pleine crise grecque, Lloyds a réussi à placer auprès du public une nouvelle série de son master trust Arkle Master Issuer 2010-1. La banque britannique a en effet vendu, vendredi dernier, 3,9 milliards d’euros de RMBS (titres adossés à de l’immobilier résidentiel) dont 3,2 milliards auprès des investisseurs. Malgré la tourmente qui secoue le marché de la dette bancaire, Lloyds a obtenu un prix inférieur à celui de sa précédente opération de titrisation en septembre dernier. «Les tranches offertes ont été placées au niveau des guidances avec des taux de sursouscription compris entre 1,2 et 1,5 fois», indique la recherche ABS de Natixis.
«Nous avons obtenu un bon résultat étant donné les conditions du marché qui étaient assez variables. La transaction s’est bien déroulée, particulièrement aux Etats-Unis où l’appétit des investisseurs était plus grand qu’attendu», explique Robert Plehn, chef de la titrisation chez Lloyds Banking Group.
Il s’agit du troisième RMBS placé par Lloyds depuis la réouverture du marché en septembre dernier. La structure Arkle détient désormais 31 milliards de livres de prêts appartenant à Lloyds et à son prêteur immobilier Cheltenham & Gloucester. L’opération représentait selon les analystes de CreditSights «un risque relativement faible pour les investisseurs». En effet, pour ces derniers, «la performance du collatéral Arkle est meilleure que celle de la moyenne des autres structures de titrisation britanniques».
La transaction a été structurée en plusieurs tranches en dollar, euro et sterling, de maturités 2011 à 2017. «Cette dernière inclut un titre à 13 mois pour le marché monétaire américain. C’est la première opération de RMBS britanniques vendus sur ce marché depuis la crise», précisent les analystes de CreditSights.
La réussite de l’opération donne des signes d’optimisme pour le secteur de la titrisation. Les RMBS étaient un outil clé de financement pour les banques britanniques. Au permier trimestre 2010, les titres émis à travers des master trust et placés auprès d’investisseurs ont atteint 3,5 milliards de livres, contre 2,3 milliards lors des deux précédents trimestres. La part retenue au bilan des banques a été limitée à 0,8 milliard, en nette baisse, selon les chiffres de CreditSights. «Nous sommes en train de revenir à une situation normale», veut croire David Basra, chef du financement de la dette chez Citi.
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