L’Italie va faire participer banquiers et assureurs à sa cure d’austérité
Approuvé jeudi dernier par le gouvernement italien, le plan d’austérité de 47 milliards d’euros, qui vise l'équilibre budgétaire en 2014, a été adressé hier au président Giorgio Napolitano pour signature. Rome a fixé son objectif de déficit pour 2011 à 3,9% du produit intérieur brut (PIB), contre 4,6% l’an dernier. Le document est désormais prêt à être soumis au vote du parlement avant la pause estivale. Selon la version finale du texte dont Reuters a pu prendre connaissance, une surtaxe de 0,75% va être imposée aux établissements bancaires et aux compagnies d’assurance.
La plus grande confusion règne en revanche autour de la réduction de 30% des incitations fiscales accordées aux entreprises de services aux collectivités, en particulier dans le domaine des énergies renouvelables. Ces aides sont répercutées sur la facture d'électricité des consommateurs. Alors que Reuters indique que cette mesure apparaît dans le texte final, le ministre de l’Industrie, Paolo Romani, assure dans un communiqué qu’«il n’y a aucune réduction des incitations fiscales aux sociétés d'énergie renouvelable dans la version définitive du plan d’austérité envoyée au président».
Si elle venait à être confirmée, cette limitation des aides réintroduirait de l’incertitude pour les opérateurs de panneaux photovoltaïques. Un décret a déjà réduit plus tôt dans l’année les incitations fiscales qui leur étaient accordées. L’action TerniEnergia a clôturé hier à Milan sur un repli de 2,92%, à 3,06 euros.
Cet accroc mis de côté, le contenu du plan d’austérité a été salué par les instances internationales. Le secrétaire général de l’OCDE s’est félicité de l’envoi d’un «message positif de crédibilité et de confiance aux marchés mondiaux». Angel Gurria, qui s’exprimait à l’occasion d’une conférence organisée à Rome, a également souligné l’importance d’un équilibre entre de strictes politiques monétaires et budgétaires et une «dimension sociale».
Dans un communiqué publié la semaine dernière, S&P soulignait toutefois les risques relatifs au poids de la dette nationale (120% du PIB), malgré l’adoption des mesures d’austérité. L’agence de notation s’inquiétait en particulier des faibles perspectives de croissance de la troisième économie de la zone euro.
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