L’Italie va devoir convaincre la Commission de sa bonne volonté budgétaire

Si le déficit est dans les clous des règles européennes, la dette est très élevée. L’ampleur de l’ajustement structurel risque de décevoir
Solenn Poullennec

L’Italie fait partie des pays européens dont le budget et l’exécution budgétaire seront regardés de près par la Commission européenne. Sa situation diffère cependant significativement de celle de la France. «Nous doutons que Bruxelles puisse être trop critique vis-à-vis de Rome alors que son degré de ‘non-application’ des règles européennes devrait être moins important que celui de la France», souligne la recherche de Citi.

Alors que le PIB italien devrait se contracter de 0,3% cette année et augmenter de 0,6% l’année prochaine, le gouvernement de Matteo Renzi a annoncé des mesures de soutien à l’activité de quelque 36 milliards d’euros, dont 18 milliards d’euros de baisse d’impôts. L’effort est présenté par le Premier ministre comme «la plus grosse réduction d’impôts jamais réalisée dans l’histoire de la République». Ces mesures devraient être compensées par une baisse des dépenses de 15 milliards d’euros. Et le gouvernement espère notamment récupérer près de 4 milliards d’euros grâce à la lutte contre l’évasion fiscale.

Malgré ces efforts, le déficit devrait atteindre 2,9% du PIB en 2015 (après 3% du PIB en 2014). Même si l’Italie se rapproche dangereusement de la limite des 3% de PIB fixé par le Pacte de stabilité, elle reste dans une position beaucoup plus avantageuse que celle de son voisin français puisqu’elle n’est plus sous le coup d’une procédure pour déficit excessif. Le Conseil européen a officialisé sa sortie de cette procédure l’année dernière.

En revanche, le niveau de la dette italienne reste préoccupant pour Bruxelles. Non seulement, elle devrait rester largement au-dessus de la limite des 60% du PIB prévu par le Pacte de stabilité, à plus de 133% du PIB en 2015, mais l’Italie ne devrait réaliser qu’un ajustement structurel de 0,1% seulement du PIB l’année prochaine contre 0,7% attendu par la Commission pour résorber sa dette.

Par ailleurs, l’Italie ne respecte pas le rythme d’ajustement auquel elle s’était engagée pour atteindre l’équilibre budgétaire structurel. Soulignant les «effets récessifs qui interviendraient en cas de consolidation budgétaire plus poussée» et insistant sur le caractère «exceptionnel» de la dégradation des conditions économiques, l’Italie ne se propose d’atteindre l’équilibre structurel qu’en 2017, contre 2016.

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