L’Italie tente de limiter l’effet de contagion du Brexit
Alors que les banques italiennes ont été parmi les établissements les plus sanctionnés en Bourse vendredi dans la foulée du vote des Britanniques en faveur du Brexit, le gouvernement de Matteo Renzi n’a pas tardé à réagir. Plusieurs médias, citant des sources gouvernementales, ont en effet affirmé hier que l’Italie envisageait de prendre des mesures pour protéger ses banques contre la chute de leurs actions en Bourse et renforcer leur solvabilité. Les autorités et la Banque centrale italienne se seraient réunies au cours du week-end, tandis que des discussions informelles avec la Commission européennes auraient également eu lieu.
Les autorités craignent que le secteur ne fasse les frais de fonds spéculatifs qui parient sur une crise des banques italiennes suite au Brexit, étant donné leur fragilité. Leurs bilans cumulent en effet 360 milliards d’euros de créances douteuses, soit un tiers du total affiché par les établissements de la zone euro.
La nouvelle du Brexit a en effet relancé le doute quant à la fragilité du secteur bancaire italien : les banques transalpines figurent parmi les plus pénalisées par le résultat du référendum britannique. L’indice bancaire italien FTSE Italia All-Share Banks a chuté de 22,1% vendredi et de 9,2% lundi, terminant à 6.775,25 points. Il accuse une baisse de 55% depuis le début de l’année. Les deux plus grands établissements du pays, UniCredit et Intesa, ont respectivement perdu 23,8% et 22,9% vendredi et 8,1% et 10,9% hier (à 1,91 et 1,55 euro).
Selon les sources citées par la presse, les mesures prévoient notamment l’injection d’environ 40 milliards d’euros (le montant définitif n’est pas encore fixé) sous forme de fonds propres ou d’octroi de garanties. L’échec des récentes augmentations de capital de Popolare di Vicenza et Veneto Banca montrent que les banques italiennes ne peuvent compter sur les investisseurs.
Le gouvernement Renzi aurait du coup l’intention de solliciter auprès de la Commission européenne une exemption aux règles sur les subventions publiques et de sauvetage (« bail-in ») bancaire, indique une partie de la presse italienne. Il invoquerait un cas de force majeure lié au risque systémique provoqué par le Brexit sur son système bancaire. Les règles de bail-in imposent des pertes préalables aux actionnaires, aux créanciers et aux détenteurs de dépôts non-garantis. Un enjeu d’autant plus crucial que les investisseurs particuliers pèsent un poids important parmi les créanciers des banques italiennes.
Plus d'articles du même thème
-
L’inflation reste au plancher en Suisse
L’indice des prix s’est stabilisé sur un mois en Suisse en juin, et progresse de seulement 0,5% sur un an, tandis que l’inflation sous-jacente demeure limitée à 0,3%, l’un des niveaux les plus faibles du monde développé. -
La Mondiale Europartner et Yomoni lancent un contrat d’assurance vie luxembourgeois
Accessible à partir de 50.000 euros, cette nouvelle offre propose une allocation multi-classes d’actifs composée d’ETF, de fonds institutionnels en clean shares, d’actifs privés et de fonds en euros. -
Infrastructures : la France accélère, mais le monde change d'échelle
Si les investissements français devraient progresser de 30 % d'ici à 2050, la dynamique mondiale, portée par l'IA et les centres de données, s'annonce près de deux fois plus rapide. -
Altaprofits revoit la tarification de ses ETF et enrichit son offre en gestion pilotée
Altaprofits ajuste ses tarifs d’ETF sur plusieurs contrats et lance Audace, un profil de gestion pilotée pour les investisseurs les plus audacieux. -
Google n'échappera pas à une amende de 4,1 milliards d'euros infligée par l'UE
La plus haute juridiction européenne a validé la sanction infligée au géant américain au sujet de la recherche sur Android. -
Viager mutualisé : pourquoi les CGP devraient regarder au-delà des SCPI
Les SCPI ont subi la crise de l'immobilier de plein fouet. Face à un recul des performances, certains investisseurs cherchent des alternatives pour investir dans l'immobilier. Le viager mutualisé s'inscrit dans cette logique de diversification autour de la pierre.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
Contenu de nos partenaires
-
Guerre en Ukraine : la saignée de l'armée russe continue
Selon un centre de recherche américain, l’armée russe a subi 1,4 million de pertes (tués, blessés ou disparus) depuis le lancement de son invasion en février 2022 et recule sur le terrain ces derniers mois -
Rhabillés pour l’été prochain
Alors que les défilés de mode masculine printemps-été 2027 viennent de s'achever à Paris, voici les tendances majeures à retenir pour la saison prochaine. -
Clash ou l’anatomie d’un succès
En un temps record, Clash de Cartier s’est imposé comme un best-seller et se réinvente en couleurs et volumes.