L’Italie se retrouve au cœur de la crise de la dette périphérique
La tempête a continué de s’abattre hier sur les marchés italiens, touchant en particulier les valeurs bancaires. UniCredit a chuté de 6,3 % et Intesa Sanpaolo de 7,7 %. En cinq séances, leur recul atteint 23,5% et 19,7%. L’indice Footsie MIB a chuté de 3,96 %. Le marché de la dette souveraine est également gravement touché. Le rendement à dix ans a grimpé de 42 points de base (pb) hier à 5,66 % alors qu’il traitait encore sous la barre de 5% en début de semaine dernière. La part des titres d’Etats détenus par les non-résidents atteignant 53% d’après Morgan Stanley, le poids des créanciers domestiques n’a apparemment pas permis de limiter les tensions. Le coût de la protection contre le risque de défaut de l’Italie s’est écarté de 47 pb hier à 293 pb, contre 104 pb pour les CDS sur la France.
Les mesures prises dimanche soir par le régulateur italien n’ont donc pas porté leurs fruits. Jusqu’au 9 septembre, la Consob oblige tous les vendeurs à découvert à dévoiler leurs positions s’ils détiennent plus de 0,2 % du capital d’une société. Au niveau européen, les projets dans ce domaine avancent toujours. Hier, le patron de l’Esma a indiqué que son organisation étudiait la mise en place de mesures coordonnées.
Après la dégradation de la note du Portugal par Moody’s la semaine dernière, les marchés s’inquiètent d’une contagion de la crise de la dette souveraine à des pays de plus grande taille, notamment à l’Espagne et à l’Italie. Ce dernier est pénalisé par une croissance faible qui rendra plus difficile l’allègement de sa dette, qui représente 119% du produit intérieur brut. «Le PIB réel est toujours inférieur de 5% à son pic d’avant-crise alors que l’Allemagne vient de le dépasser», rappellent les économistes de marché de BNP Paribas. Par ailleurs, même si le déficit budgétaire est tombé de 5,4% en 2009 à 4,6% en 2010, les marchés s’interrogent à présent sur la capacité du gouvernement à poursuivre ces efforts compte tenu de l’instabilité politique créée par les élections régionales d’avril dernier et par un scandale touchant Giulio Tremonti, le grand argentier du pays.
La situation est d’autant plus préoccupante pour l’Italie que le pays doit refinancer 175 milliards d’euros de titres arrivant à maturité au deuxième semestre. Jeudi déjà, le Trésor italien prévoit d'émettre pour 8 milliards d’euros de titres dont les maturités seront comprises entre 5 et 15 ans.
Plus d'articles du même thème
-
« Nous sommes positifs sur les actions japonaises, surtout les entreprises de taille moyenne »
Charles-Henri Kerkhove, directeur de l'allocation d’actifs chez Fidelity International -
«Il reste difficile de construire un scénario de renforcement du yen d’ici à la fin d’année»
Emmanuel Kizilian, gérant obligataire chez Cholet Dupont AM. -
Volkswagen songe à supprimer jusqu’à 100.000 emplois dans le monde
La refonte du groupe automobile, qui toucherait l’ensemble de ses marques, entraînerait des réductions supplémentaires de coûts et des investissements révisés à la baisse. -
Le tribunal arbitral apporte un premier soulagement à Scor dans l'affaire Covéa
Par une décision rendue jeudi 25 juin, le tribunal arbitral met un terme à près de quatre ans de conflit entre Scor et Covéa portant sur des accords de rétrocession en réassurance vie. Une avancée pour le réassureur dont le cours de Bourse avait souffert de l’affaire, mais pas la fin de l’histoire. D’autres procédures liées sont encore en cours. -
Les fonds Obligations Euro toutes maturités à la loupe #172
La tendance baissière se poursuit sur ces fonds avec une moyenne des performances sur douze mois de +1,91%. -
Wall Street prospecte le filon des activités que l'IA ne pourra pas remplacer
Casinos, complexes de loisirs : outre-Atlantique, un nombre croissant d'investisseurs s'entiche du "location based entertainment", ces loisirs et expériences physiques ancrés dans un lieu précis.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Sycomore atteint les 10 milliards d’euros d’encours
Contenu de nos partenaires
-
IA : Washington réautorise un accès limité au modèle Mythos d'Anthropic
Il y a deux semaines, Howard Lutnick, ministre américain du Commerce, avait demandé à Anthropic de cesser l’accès à deux modèles de pointe. Ce pour des raisons de sécurité nationale à la suite de la détection de failles -
Le Burkina Faso rompt ses relations diplomatiques avec la France
Par la voix du ministère des Affaires étrangères, la France a dit « regretter » une « décision hostile et sans fondement ». De son côté, la junte fustige l’« activisme incessant » de Paris et « des ambitions néocoloniales affichées » -
Pour l'Iran, les attaques des Etats-Unis sur son territoire sont une « violation flagrante » du protocole d’accord
Samedi 27 juin, les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir frappé des positions américaines dans la région du Golfe. Et ce, en représailles à des frappes américaines. Ces dernières étaient menées à la suite d’une attaque attribuée à l’Iran contre un navire commercial dans le détroit d’Ormuz