L’Italie se dirige vers un premier trimestre périlleux en termes d'émissions
Premier trimestre de tous les dangers pour la dette souveraine européenne. Les tombées obligataires vont représenter plus de 160 milliards d’euros sur la période alors que la crise de la dette est loin d'être réglée. L’Italie en particulier doit couvrir des besoins particulièrement élevés. 64 milliards d’euros de titres longs italiens devraient être émis d’ici fin mars d’après Barclays Capital. Et 49 milliards de billets de trésorerie devront aussi être refinancés.
Sur l’ensemble de 2012, l’Italie «sera le seul (pays) à augmenter ses émissions obligataires» en raison de «l’envolée des remboursements italiens qui passent de 154 à 193 milliards d’euros», souligne Natixis.
Ces importants besoins se matérialisent à un moment déjà critique sur le marché de taux. Les taux longs italiens ont grimpé jusqu'à 7,55% fin novembre, et ressortent à présent à 6,55%. Après avoir plafonné à 6,66% fin novembre également, les rendements espagnols s’affichent à 5%. De nombreux Etats européens sont en outre menacés de dégradations par les agences de notation, ce qui risque de provoquer de nouvelles tensions sur le marché. La situation de la dette américaine risque pour finir de peser sur le marché européen d’après SG CIB. La dégradation par S&P de la note des Etats-Unis en août dernier avait affecté la confiance dans les maillons faibles, qui se trouvent actuellement en Europe, expliquent les spécialistes de la banque de La Défense.
Surtout, les Etats de la zone euro se lancent dans la nouvelle année pratiquement sans filet. Certes, le programme SMP de la BCE, qui a acheté 137 milliards d’euros de titres depuis début août, reste actif. Mais, sauf changement de braquet, il ne pourra se porter acquéreur que d’une faible partie des titres émis, et uniquement sur le secondaire. En janvier, les tombées et les paiements de coupons s'élèveront à 82 milliards d’euros et les remboursements de titres courts à 93 milliards, d’après Deutsche Bank. Et le Fonds européen de stabilité financière dans sa nouvelle forme est encore loin d'être opérationnel.
L’opération de refinancement de la BCE à trois ans qui a lieu aujourd’hui et qui permettraient aux banques d’investir dans la dette publique pourrait en outre s’avérer décevante sur ce plan. Enfin, l’augmentation des moyens du FMI via les banques centrales nationales avance lentement et l’usage des fonds n’est pas encore clairement défini.
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