L’Italie reste sous la pression des marchés
La trêve de Noël et l’opération de prêt de la BCE (LTRO) n’ont pas rendu les marchés plus cléments envers l’Italie. Le pays a placé hier 7 milliards d’euros de titres contre un maximum espéré de 8,5 milliards. En dépit du succès de l’émission de mercredi, les taux auxquels se sont adjugées les obligations restaient très élevés, bien qu’en dessous des records de cette année. Ainsi, l’Italie a placé 2,5 milliards d’obligations à 10 ans à 6,98% (contre 7,56% le 29 novembre dernier) et 2,5 milliards de titres à trois ans, à 5,62%.
Le pays a aussi placé pour 803 millions d’obligations à taux variable de maturité 2018 et près de 1,2 milliard de titres de maturité 2021. Selon des traders cités par les agences de presse, la BCE est intervenue sur le marché, mais cela n’a pas suffi à faire baisser significativement les rendements, même s’ils restent en dessous de leurs records de novembre de 7,5%. Pourtant, l’émission à court terme, réalisée mercredi laissait présager un marché plus indulgent. Le pays a ainsi pu émettre 9 milliards d’euros de titres à six mois à 3,251% et 1,7 milliard d’euros d’obligations zéro coupon à 24 mois, avec un rendement moyen de 4,85%.
En fin d’après-midi hier, les titres italiens à dix ans s’échangeaient à 6,958%, soit une hausse de 14 points de base sur cinq jours. Lors de la traditionnelle conférence de presse de fin d’année, le président du conseil italien, Mario Monti, a estimé que ces taux étaient «injustifiés» et a appelé à renforcer le Fonds européen de stabilité financière.
En tout cas, cette émission en demi-teinte semble indiquer que les banques ne se pressent pas pour acheter de la dette italienne et faire du carry trade. Et ce, en dépit des 489 milliards d’euros prêtés par la BCE lors de l’opération de refinancement à trois ans la semaine dernière. Signe que les banques continuent à garder jalousement leur argent de côté pour refinancer leur dette arrivant à maturité, les montants déposés à la facilité de dépôt de la BCE ont atteint 452 milliards d’euros mardi soir, un record historique depuis la création de la zone euro.
La pression ne se relâche donc pas sur l’Italie qui doit émettre 450 milliards d’euros en 2012, selon le département du trésor italien en charge de la dette. Nommé après la démission de Silvio Berlusconi début novembre, Mario Monti a présenté un plan de rigueur budgétaire de 30 milliards d’euros couvrant la période 2012-2014. Afin d’apaiser les inquiétudes sur le niveau du déficit (3,9% du PIB) et de la dette (120,6%) du pays, il prévoit entre autres, des taxes sur l’immobilier, les biens de luxe et une augmentation de l’âge de départ à la retraite.
Son programme inclut également 10 milliards d’euros de mesures de soutien à la croissance (prévue à 0,1% en 2012 par la Commission européenne). Soutenir l’activité apparaît d’autant plus impératif que les derniers indicateurs ne laissent présager rien de bon. Hier, l’indice de confiance des entreprises a reculé plus que prévu à 92,5. «Cela confirme notre point de vue selon lequel le PIB va reculer davantage qu’au dernier trimestre», écrivent les analystes d’Unicredit. Ils tablent sur une baisse de 0,6% du PIB par rapport au troisième trimestre.
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