Le pays a émis 6 milliards à 10 ans dans de bonnes conditions. Les injections de la BCE continuent à lui profiter
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Alexandre Garabedian
Rome bénéficie toujours du climat de confiance créé par les injections massives de liquidités de la BCE. L’Italie a rempli hier l’objectif qu’elle s’était fixé en levant 6 milliards d’euros de dette, avec une baisse toujours marquée des rendements.
Le pays a rouvert trois souches obligataires : novembre 2014, novembre 2015 et février 2017. Sur la première, 4 milliards ont été émis à un rendement de 3,41%, contre 4,83% en janvier. Le ratio d’offre sur demande est passé de 1,22 à 1,4. Sur les deux autres souches, le rendement servi atteint 3,77 % et 4,26%. L’Italie reste cependant le moins avancé des grands pays de la zone euro dans son programme de financement à moyen long terme: elle n’a levé que 10% de ses besoins cette année (232 milliards), contre 29% pour l’Espagne à l’opposé du spectre.
Rome n’a donc pas souffert de la dégradation d’un cran de sa note, à A2, par Moody’s, dans la nuit. Le pays est déjà noté un cran en dessous par S&P. «Les actions de Moody’s pourraient même soutenir les titres italiens par rapport aux emprunts d’Etat espagnols», eux aussi dégradés hier, estimaient les stratégistes de SG CIB avant l’offre. Sur les marchés, en 2012, l’Italie fait mieux que l’Espagne. L’écart de rendement à 10 ans entre les deux pays s’est réduit de 160 points de base, avec des taux italiens à 5,58% contre 5,24 % pour ceux de l’Espagne.
Cette amélioration est-elle liée aux rachats de dette souveraine par les banques italiennes ? Le phénomène est difficile à quantifier. Les banques italiennes sont celles qui ont le plus accru en zone euro leur recours à la BCE, qui atteint 200 milliards d’euros. Elles ne replacent quasiment rien à la facilité de dépôt de la banque centrale, selon les calculs de SG CIB. Pour 100 euros reçus, les banques espagnoles en déposent 12 à la BCE, contre 38 euros pour les françaises et 255 euros pour les allemandes. «Il est clair que ce ne sont pas les mêmes banques qui empruntent à la BCE et qui utilisent la facilité de dépôt», soulignent les stratégistes taux de SG CIB.
En gardant l’intégralité du cash reçu de la banque centrale, les banques italiennes peuvent donc racheter une partie de la dette nationale. Une partie seulement, car si l’Italie est dégradée en catégorie spéculative, ses titres recevront une pondération moins favorable pour le calcul des ratios de liquidité bancaire (lire L’Agefi Hebdo à paraître demain).
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