L’Italie franchit un premier obstacle dans la réforme de son marché du travail
L’Italie donne des gages sur sa volonté de procéder à des réformes structurelles. Malgré de fortes réticences au sein même de sa propre majorité, le premier ministre Matteo Renzi a gagné un vote de confiance clé la semaine dernière au Sénat qui a approuvé à 165 votes contre 111 un projet de réforme du marché du travail visant à introduire un contrat unique plus flexible tout en réduisant les coûts salariaux.
Un montant de 2 milliards d’euros sera consacré dès 2015 à la baisse des charges pesant sur les salaires. Le contexte de «hausse des coûts unitaires salariaux malgré des salaires stables du fait des impôts et contributions sociales ainsi que de la faible croissance de la productivité, réduit la compétitivité de l’Italie face à ses partenaires européens», comme le rappelle RBS. Depuis 2008, les coûts salariaux en Italie se sont écartés de 20% par rapport à ceux de l’Espagne.
Si une plus grande flexibilité est introduite sur les nouveaux contrats, les contrats déjà signés conserveront leurs avantages actuels, ce qui «créée un risque de dichotomie au sein du marché du travail italien et contribue à la migration des jeunes diplômés», alerte RBS. En outre, le règlement des litiges judicaires sur les licenciements dure en moyenne 1.185 jours en Italie (plus de trois ans), soit plus du double de la moyenne des pays de l’OCDE. La moyenne est d’environ 550 jours en Espagne, 600 jours au Portugal, 400 jours en Allemagne et 350 en France.
Le projet de loi reste néanmoins incomplet et doit être voté dans les prochains mois à la chambre basse. «La décision d’accélérer le calendrier vise certainement à prouver à l’Union européenne et ses partenaires de la zone euro que le gouvernement italien est en pleine maîtrise de son agenda de réformes et que ses promesses sont crédibles», estime ING. Le pays devrait invoquer des «circonstances exceptionnelles» pour obtenir l’indulgence de Bruxelles en repoussant d’un an à 2017 son objectif d’équilibre du déficit structurel.
Rome table désormais sur une contraction de son PIB de 0,3% cette année, avant un léger rebond de 0,6% en 2015. Le déficit devrait rester légèrement inférieur au seuil de 3% du PIB sur 2014 et 2015, et Matteo Renzi se dégage 10 milliards d’euros de marges de manœuvre l’an prochain pour financer des baisses d’impôts et de charges pour soutenir l’activité. Quitte à laisser la dette poursuivre sa trajectoire à la hausse pour atteindre 133% du PIB fin 2015.
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