L’Italie fait face à la fronde syndicale sur la réforme clé du marché du travail
L’Italie devra passer en force sur la réforme du marché du travail. Annoncée comme la priorité du gouvernement italien, cette réforme a rencontré hier soir, à l’issue de plusieurs heures de réunion, une forte hostilité de la part du principal syndicat italien CGIL qui a promis d’utiliser «tous les outils» à sa disposition pour s’y opposer. Au cœur du débat, une situation actuelle duale que le gouvernement souhaite harmoniser pour plus de souplesse pour les entreprises. Les salariés en CDI dans les sociétés de plus de 15 employés sont protégés par l’article 18 qui interdit tout licenciement pour autre motif que faute manifeste ou dans le cadre d’un plan de restructuration, ce qui n’est pas le cas des salariés des petites entreprises ou avec un emploi précaire. En contrepartie, les salariés licenciés auront droit à des indemnités allant jusqu’à 27 mois de salaire.
Mais l’enjeu est trop important pour faire reculer le premier ministre italien. «Il n’y aura aucun accord signé avec les partenaires sociaux. Ces négociations étaient purement consultatives» a indiqué hier soir Mario Monti, ajoutant qu’il entendait clôturer le sujet dès la fin de la semaine prochaine avant de soumettre le texte législatif définitif au vote des parlementaires. La rencontre finale entre gouvernement et partenaires sociaux aura lieu demain. 57% de la population italienne en âge de travailler possède un emploi, et le nombre de chômeurs inscrits atteint 2 millions. Plus inquiétant, le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans est de 31,1%, contre seulement 7,8% en Allemagne. Dans le même temps, les allocations chômage ne représentent que 3,1% du PIB du pays, contre 4,1% en Allemagne et 8% au Danemark et en Belgique, selon les chiffres de l’OCDE.
En contrepartie de la plus grande flexibilité de l’offre de travail, Mario Monti a appelé les entreprises à «doubler» leurs efforts pour doper «les investissements, la croissance et l’emploi». Le but est de mettre une nouvelle pierre à la restauration de la confiance des investisseurs dans l’économie italienne. «Si le parlement nous soutient, nous pourrons dire que le marché du travail italien se modernise, et qu’il n’y a plus d’obstacles aux investissements étrangers» indiquait Mario Monti, quelques jours avant une visite prévue en Asie. La politique d’assouplissement de la BCE a permis aux taux italiens à 10 ans de revenir sous les 5%, à 4,88%.
Plus d'articles du même thème
-
VistaShares propose un ETF pour financer le réarmement américain
Le fonds coté cible les fournisseurs stratégiques du Pentagone alors que Washington engage un plan de réarmement massif et de relocalisation industrielle inédit depuis 1945. -
M&G nomme Matt Mansour au poste de directeur de la technologie et de l’IA
La société de gestion britannique a décidé d’étendre le périmètre du poste à l’intelligence artificielle. -
La BCE suit la boussole des marchés
La banque centrale joue la montre avant une très probable hausse de taux en septembre, le temps d’avoir les données pour la justifier. Le Conseil des gouverneurs donne cependant l’impression de se satisfaire de voir les marchés anticiper, voire guider ses décisions. Malgré des taux à 10 ans au plus haut depuis longtemps. -
La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
La banque d’affaires cotée à New York a vu son bénéfice fondre de 90% au deuxième trimestre, sous l'effet d'un taux d'impôt exceptionnellement élevé et de charges liées au rachat en cours de Campbell Lutyens. -
Les banques acceptent les conditions de Casino pour soutenir sa restructuration
Elles ont accepté de mettre en œuvre la restructuration financière privilégiée par le distributeur même en cas d’opposition des autres créanciers. Les incertitudes juridiques sur le dossier restent élevées. -
La guerre au Moyen-Orient contraint la France à changer de fournisseurs de pétrole
Brut ou raffiné, le pétrole importé du Moyen-Orient s’est tari avec la guerre contre l’Iran, contraignant la France à en acheter davantage aux Etats-Unis et au Kazakhstan, mais aussi au Nigeria, à la Norvège ou à Israël.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
- Une majorité d’ETF classés Article 8 détiennent des titres de fabricants d’armes
Contenu de nos partenaires
-
SécularisationEn Italie, les enfants d’immigrés se détachent des religions de leurs parents
Près d’un jeune issu de l’immigration sur quatre ne se reconnaît dans aucune religion selon une étude. Seul le catholicisme résiste, porté par son enracinement culturel et le rôle de l’Eglise dans l’intégration -
L'art de perdre« Si on double le score d’Hidalgo, ce sera un exploit » : comment toute la gauche hors LFI a intégré sa défaite en 2027
Plus que la présidentielle, jugée perdue d’avance, ce sont les législatives, voire les régionales de 2028, qui préoccupent des formations de gauche et écologistes passées en mode survie -
Fin de sessionLFI : à l'Assemblée, la stratégie de la terre brûlée
A mesure que le RN s'associe au gouvernement, LFI se construit en adversaire résolu. Dans l'hémicycle, chaque défaite est pensée comme une victoire politique au service de la campagne de Jean-Luc Mélenchon