L’Italie encore sous pression joue la carte de la croissance
Appelé à la rescousse fin 2011, Mario Monti se débat à nouveau avec la défiance des marchés alors que l’Italie s’enfonce de plus en plus dans la récession. Le plan de rigueur, les hausses d’impôts ainsi que des réformes structurelles imposantes adoptées ces derniers mois par le chef du gouvernement transalpin n’ont guère empêché le pays de se retrouver dans le collimateur des investisseurs, inquiets d’un effet contagion lié aux élections grecques et à la crise des banques espagnoles.
«Nous nous étions déplacés du bord du précipice, mais le cratère s’est élargi et nous sommes à nouveau dans une crise», a déclaré samedi Mario Monti, qui s’est voulu toutefois rassurant. «Le gouvernement est entré dans la phase 2 et travaille désormais pour la croissance». Le conseil des ministres a adopté à ce titre deux décret-loi vendredi. Des coupes dans les effectifs devraient permettre notamment d’économiser 5 milliards d’euros dans les dépenses publiques cette année. Par ailleurs, l’exécutif va céder à la Caisse des Dépôts italienne des participations détenues par l’Etat dans trois entreprises publiques (Fintecna, Sace, Simest) pour 10 milliards d’euros. L’objectif étant surtout de réduire la dette publique qui représente plus de 120% du PIB du pays. Selon le quotidien Il Sole 24 Ore de vendredi, Rome aurait l’intention de céder 30 milliards d’euros d’actifs publics d’ici fin 2012 et 200 milliards au cours des cinq prochaines années.
Au chapitre de la croissance, les mesures adoptées sont destinées à favoriser en priorité le secteur du bâtiment, les jeunes et les PMI, à travers la relance des chantiers d’infrastructures, la création d’un fonds pour la croissance s’adressant aux entreprises, de plus grandes déductions fiscales sur les travaux de rénovation, un crédit d’impôt pour l’embauche de jeunes «hautement qualifiés» ou des financements réservés à la création d’emploi pour les jeunes dans le secteur de l’économie durable. A cela s’ajoutent des mesures favorisant une plus grande transparence dans l’administration publique et la création d’une «agence pour l’Italie numérique». Ce train de mesures devrait permettre, selon le gouvernement, de mobiliser jusqu’à 80 milliards d’euros de ressources pour accélérer le développement économique de l’Italie.
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