L’Italie donne un coup de fouet à son marché immobilier coté

Rome vient d’assouplir par décret le statut fiscal et juridique des Siic. De quoi espérer un décollage des introductions en Bourse dans le secteur
Alexandre Garabedian

Le succès du statut Siic en France inspire les pays voisins. Rome a publié le 12 septembre le décret réformant les sociétés d’investissement immobilier coté, baptisées Siiq en Italie. Une mesure qui fait partie du texte «Sblocca Italia», voulu par le gouvernement de Matteo Renzi pour débloquer les freins à la croissance économique dans la péninsule.

Poussée par Assoimmobiliare, le lobby du secteur, cette réforme a pour but de faire décoller l’immobilier coté à Milan, où seulement deux Siiq, IGD et Beni Stabili, sont traitées depuis 2007. En attirant les investisseurs institutionnels étrangers, elle doit aussi faciliter le programme de privatisation du patrimoine public annoncé par Matteo Renzi.

Les conditions de constitution d’une Siiq ont été assouplies pour pousser les gros détenteurs d’immobilier (assureurs, banques…) à loger leurs actifs en Bourse. Afin de faciliter les IPO, la part maximale de l’actionnaire de référence a été relevée de 51% à 60% (comme en France) et le flottant minimum abaissé de 35% à 25%. L’exigence de taux de distribution des résultats a été ramenée de 85% à 70%, contre 95% dans l’hexagone. Enfin, sur le plan fiscal, les gains en capitaux ne seront plus imposés dès lors que la société s’engage à en redistribuer 50% à ses actionnaires dans les deux prochaines années. Les plus-values étaient jusqu’à présent soumises au taux régulier, ce qui rendait les Siiq italiennes peu compétitives par rapport au statut local de fonds immobilier.

«De nouvelles IPO sont à attendre: les banques (après les prochains stress tests), les assureurs, les fonds immobiliers et les actifs du gouvernement sont des candidats à la cotation, estiment les analystes actions de SG CIB. Un secteur plus large donnera plus de transparence aux valorisations, synonyme d’intérêt accru de la part des investisseurs internationaux».

Le secteur immobilier est cette année le deuxième pourvoyeur de transactions en valeur sur le marché primaire actions européen, émissions d’obligations convertibles incluses, selon Dealogic. En Espagne, où le régime a été assoupli l’an dernier, plusieurs Reits (real estate investment trusts) ont fait leur entrée en Bourse, dont Merlin Properties, Lar et Axia, mettant fin à des années de disette. L’Irlande vient par ailleurs d’adopter ce statut.

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