L’Italie dessine les contours des secteurs stratégiques de son économie
La Péninsule souhaite protéger «l’italianité» des fleurons de son industrie, tout en s’alignant sur la réglementation européenne en matière de concurrence. Une équation difficile qu’a tenté de résoudre le gouvernement de Mario Monti, par ailleurs ancien commissaire européen à la Concurrence... Un an après avoir vu passer sous pavillon français le groupe alimentaire Parmalat racheté par Lactalis et le joailler Bulgari repris par LVMH, et alors qu’EDF s’apprête à mettre la main sur Edison, Rome a adopté un décret dressant la liste des secteurs stratégiques qu’elle entend protéger face à des attaques étrangères, sans préciser toutefois le nom des sociétés admises sous cette tutelle.
Le nouveau dispositif amplifie de fait le champ d’application de ses «golden shares», c’est-à-dire les actions détenues par l’Etat dans certains des grands groupes nationaux privatisés, même en petite quantité, qui lui confèrent un droit de véto sur l’acquisition de capital notamment par des fonds ou des entreprises d’origine étrangère. Mais ces pouvoirs spéciaux seront limités face à d’éventuels acquéreurs européens.
Le décret prévoit en effet deux cas de figures. D’un côté, les entreprises des secteurs de la Défense et de la sécurité nationale, comme le groupe de l’aéronautique et de la défense Finmeccanica, qui ne pourront faire l’objet d’aucune acquisition de la part d’un investisseur étranger sans le feu vert de l’Etat. Un premier cas de figure pourrait se poser par exemple avec Avio, active dans les moteurs pour avions et pour fusées spatiales, qui semble intéresser l’équipementier aéronautique français Safran.
D’un autre côté, pour les secteurs de l'énergie, des télécommunications et des transports, les pouvoirs spéciaux de l’Etat ne pourront s’appliquer que dans le cas où de potentiels acquéreurs soient «extra-communautaires». Devrait entrer dans cette catégorie des sociétés publiques tel le groupe d’énergie Enel, la société de réseaux électriques Terna, le géant pétrolier Eni, sa filiale Snam, le transporteur ferroviaire Ferrovie dello Stato ou des entreprises privées comme la compagnie Alitalia et l’opérateur Telecom Italia.
Avec cette réforme, Rome espère clore la procédure d’infraction ouverte en 2009 par la Commission européenne. Cette dernière a saisi en novembre la Cour européenne de justice accusant l’Italie d’entraver la libre circulation des capitaux avec ses «golden shares».
Plus d'articles du même thème
-
La BCE suit la boussole des marchés
La banque centrale joue la montre avant une très probable hausse de taux en septembre, le temps d’avoir les données pour la justifier. Le Conseil des gouverneurs donne cependant l’impression de se satisfaire de voir les marchés anticiper, voire guider ses décisions. Malgré des taux à 10 ans au plus haut depuis longtemps. -
La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
La banque d’affaires cotée à New York a vu son bénéfice fondre de 90% au deuxième trimestre, sous l'effet d'un taux d'impôt exceptionnellement élevé et de charges liées au rachat en cours de Campbell Lutyens. -
Les banques acceptent les conditions de Casino pour soutenir sa restructuration
Elles ont accepté de mettre en œuvre la restructuration financière privilégiée par le distributeur même en cas d’opposition des autres créanciers. Les incertitudes juridiques sur le dossier restent élevées. -
La guerre au Moyen-Orient contraint la France à changer de fournisseurs de pétrole
Brut ou raffiné, le pétrole importé du Moyen-Orient s’est tari avec la guerre contre l’Iran, contraignant la France à en acheter davantage aux Etats-Unis et au Kazakhstan, mais aussi au Nigeria, à la Norvège ou à Israël. -
Valeo va rembourser par anticipation ses obligations à échéance 2027
Le montant nominal en circulation de ces obligations est de 750 millions d'euros. -
La place de Paris peine à trouver des pistes pour encadrer les organisations de la finance décentralisée
Le Haut Comité juridique de la place financière de Paris a publié un rapport mercredi 22 juillet pour donner ses premières propositions concernant un éventuel cadre juridique pour les organisations autonomes décentralisées sur la blockchain.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
- Une majorité d’ETF classés Article 8 détiennent des titres de fabricants d’armes
Contenu de nos partenaires
-
L'art de perdre« Si on double le score d’Hidalgo, ce sera un exploit » : comment toute la gauche hors LFI a intégré sa défaite en 2027
Plus que la présidentielle, jugée perdue d’avance, ce sont les législatives, voire les régionales de 2028, qui préoccupent des formations de gauche et écologistes passées en mode survie -
Fin de sessionLFI : à l'Assemblée, la stratégie de la terre brûlée
A mesure que le RN s'associe au gouvernement, LFI se construit en adversaire résolu. Dans l'hémicycle, chaque défaite est pensée comme une victoire politique au service de la campagne de Jean-Luc Mélenchon -
EditorialMeurtre à Crépol : regarder en face le « racisme anti-blanc »
Il ne faut pas se laisser piéger par les communautaristes patentés qui prônent une hiérarchie dans la haine raciale, ni par la clique sociologisante qui réfute ce racisme appliqué aux Blancs au prétexte qu'il ne relèverait pas d'une oppression systémique