L’Italie cherche à éviter la contagion de ses voisins périphériques
C’est un Silvio Berlusconi politiquement affaibli par la perte d’élections stratégiques qui va annoncer jeudi un nouveau plan d’austérité visant à rétablir l’équilibre budgétaire en 2014. «Nous pensons que la bataille finale sera livrée en Italie, le deuxième «i» dans l’imbroglio des PIIGS, qui fera de Rome soit le héros soit le dernier chaînon à faire plier les survivants de l’euro» estime Edward Altman, créateur du Altman Z-scores anticipant la faillite des sociétés.
Selon la presse italienne, le gouvernement ciblerait 43 à 45 milliards d’euros d’économies, alors que 40 milliards sont nécessaires pour ramener le budget à l’équilibre en 2014 afin de stabiliser la dette entre 120 et 125% du PIB. De 5 à 6 milliards d’économies sont prévues entre 2013 et 2015 sur le système des retraites avec une prise en compte de l’espérance de vie dans la durée de cotisation et 5 milliards dans le remboursement des frais de santé. Les salariés du secteur public verraient leurs salaires baisser de 5 à 10%, alors que les collectivités locales devront faire un effort de 3 milliards.
Le gouvernement prévoit une harmonisation fiscale des taxes sur les revenus du capital à 20% dès 2012 (à l’exception des fonds de pension, et en excluant les revenus des obligations d’Etat). Ainsi que la hausse de 1 point de la TVA, et la création d’une taxe sur les transactions financières pour un total de 16 milliards selon le journal Il Sole 24 Ore.
BarCap estime que «la plupart des mesures vont dans le bon sens» et pourraient obtenir le soutien de la Ligue du Nord, indispensable pour faire passer la réforme au parlement. Moody’s a placé la note Aa2 de l’Italie sous surveillance en vue d’un éventuel abaissement, alors que la croissance a quasi stagné (à 0,1%) au premier trimestre et devrait être atone à 1% en 2011 et 1,1% en 2012. S&P avait mis la note du pays sous perspective négative mi-mai, craignant «un blocage politique éventuel (qui) pourrait contribuer à un dérapage fiscal».
Dans ce contexte, la réforme sera très attendue par les «criquets de la spéculation qui attendent seulement le bon moment pour frapper les prochaines proies qui montrent des signes de faiblesse» selon Silvio Berlusconi. Le CDS 5 ans italien a atteint lundi 212 pb, plus proche des 315 de l’Espagne que des 93 pb de la France. Hier, l’Etat a vendu 10,5 milliards d’obligations sur les marchés à un taux de 37 bp plus haut que celui de mai.
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