L’Italie avance lentement dans son programme de financement 2012
Elle n’en a réalisé que 15% alors que l’Espagne est au tiers. L’opération de refinancement à trois ans devrait porter le marché cette semaine
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Violaine Le Gall
Illustration: Thinkstock
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Sur les huit premières semaines de l’année, l’Italie a déjà adjugé 37 milliards d’euros d’obligations à moyen et long terme, un montant qui en fait le deuxième pays le plus actif sur le marché de la dette en 2012, derrière la France. Le Trésor italien a profité de la nette détente des rendements sur la période. Encore supérieur à 7% début janvier, le taux à dix ans est retombé à 5,4%, son plus bas niveau depuis septembre 2011. Vendredi dernier, le Trésor italien a placé 4,5 milliards d’euros d’obligations indexées sur l’inflation et de titres à zéro coupon. Ces derniers ont reçu une demande «particulièrement forte», souligne Peter Chatwell, stratégiste taux chez Crédit Agricole CIB. Le ratio de couverture est ressorti à 1,9, contre 1,7 obtenu fin janvier. Après l’opération, les taux longs se resserraient de 7 points de base (pb).
Cette semaine sera plus chargée sur le marché primaire de la dette souveraine de la zone euro. L’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, la France et l’Italie doivent au total émettre environ 24 milliards d’euros. Demain, l’Italie sollicitera les investisseurs sur une nouvelle ligne à dix ans et pour la réouverture d’obligations à cinq ans.
«Le primaire devrait bien se porter, soutenu par l’opération de refinancement à trois ans de la BCE du 29 février», anticipent Jean-François Robin et Roman Lascu, stratégistes taux chez Natixis. Les investisseurs disposeront en outre de liquidités à placer compte tenu des tombées prévues cette semaine. Sur 39,1 milliards d’euros d’amortissement de dettes dans la zone euro, l’Italie doit en rembourser 37,7 milliards. Le flux net pour la zone euro s'élève à 21 milliards cette semaine, mais il sera négatif sur les deux semaines à venir.
Malgré une activité non négligeable depuis le début de l’année, l’Italie a encore fort à faire pour réaliser son programme de financement 2012 qui s'élève à 242 milliards. Elle n’en a réalisé que 15%, soit moins que l’an dernier à la même période, alors que l’Espagne, avec 29,2 milliards placés, est déjà au tiers du sien. La France est à 22% et l’Allemagne à 16%, d’après Natixis. Et l’Italie doit gérer d’importantes tombées dans les mois à venir. Elles s'élèveront à 27 milliards en mars puis en avril, d’après BNP Paribas.
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