L’Italie ajoute de l’incertitude politique à l’Europe
Renforcé depuis les résultats de son parti la Ligue aux élections européennes, Matteo Salvini est prêt à prendre le risque de faire vivre une nouvelle période d’instabilité à l’Italie. Le vice-président du Conseil a fait exploser la coalition au pouvoir en réclamant des élections législatives anticipées, estimant que la majorité en place depuis seulement 14 mois ne fonctionnait plus. «Allons tout de suite au Parlement pour prendre acte qu’il n’y a plus de majorité [...] et restituons rapidement la parole aux électeurs», a-t-il notamment estimé dans un communiqué diffusé hier, après une série de rencontres au plus haut niveau.
Les tensions n’ont cessé de s’accumuler entre le patron de La Ligue (droite dure) et le président du Conseil Giuseppe Conte, proche du Mouvement 5 Etoiles (M5S), parti «anti-système» qui dispose d’une majorité relative au parlement depuis 2018, mais qui est arrivé à la troisième place aux élections européennes, loin derrière la Ligue et le Parti démocrate (PD).
36% à 38% de votes pour La Ligue
Les deux partis se sont opposés sur le projet de LGV Lyon-Turin, M5S se retrouvant seul à voter contre mercredi dernier. D’autres désaccords portent sur la fiscalité (Matteo Salvini est favorable à une flat tax et réclame au moins 10 milliards d’euros de baisses d’impôts sous peine de démissionner) ou la décentralisation (il souhaite renforcer l’autonomies des régions). Les tensions laissaient supputer un remaniement ministériel d’envergure. Mais le patron de la Ligue a été clair hier : il ne réclame «ni un remaniement, ni un gouvernement technique».
Que peut-il se passer ? Giuseppe Conte a une alternative : soit démissionner, soit faire face à une motion de censure au parlement. Si celle-ci passe, il devra démissionner. Dans ce cas, le président de la République Sergio Mattarella peut tenter de trouver une nouvelle majorité, ce qui parait improbable : plusieurs parlementaires du PD et du M5S ont déjà rejeté un tel scénario par le passé. En outre, une telle coalition ne disposerait que d’un siège de majorité. L’autre solution consiste à convoquer des élections anticipées, qui interviendrait au plus tôt en octobre. On comprend pourquoi c’est la solution privilégiée par la Ligue : le parti est crédité de 36% à 38% des voix dans les sondages, de quoi gouverner quasiment seul.
Mais ce serait une solution imparfaite : la première version du budget italien doit être soumise à la Commission européenne avant la fin septembre. Sergio Mattarella pourrait être tenté de nommer un gouvernement technique et remettre les élections à début 2020. Mais il lui faudra convaincre une majorité des parlementaires.
Plus d'articles du même thème
-
Le cuivre électrise à nouveau le marché des matières premières
La perspective de droits de douane américains sur le cuivre a relancé les arbitrages entre le Comex et le LME, provoquant une pénurie sur ce dernier marché et propulsant les prix vers les sommets. Au-delà de cette question, ce métal clé dans les transitions énergétique et numérique dispose de fondamentaux solides. -
Bercy allège le cadre réglementaire des intermédiaires en crédit à titre accessoire
Le gouvernement revoit les seuils permettant aux professionnels de proposer des facilités de paiement sans relever du régime classique des IOBSP. Le nouveau cadre porte à 1.000 opérations annuelles le plafond applicable à certaines solutions de paiement différé de faible montant. -
Le repli de l’inflation aux Etats-Unis renforce le statu quo de la Fed
L’inflation a faibli en juillet pour le deuxième mois consécutif à 3,4%. La composante sous-jacente diminue également à 2,5%. Des chiffres bien accueillis par les marchés qui renforcent l’idée d’un maintien des taux par la Fed en septembre. -
Wellington Management mise sur une promotion interne pour la Suisse
Le gestionnaire d’actifs américain a nommé Oliver Schneider comme responsable de son bureau de Zurich. -
La Bourse de Jakarta lance son premier ETF sur l'or physique
Jakarta a inauguré le 10 août ses premiers ETF adossés à de l'or physique, un pari sur une classe d'actifs dont les encours mondiaux ont franchi les 559 milliards de dollars en 2025. -
Goldman Sachs poursuit son expansion dans les ETF optionnels en rachetant NEOS
La transaction pourrait atteindre 2,25 milliards de dollars et devrait être finalisée au 1er trimestre 2027.
ETF à la Une
VanEck s’apprête à lancer un ETF Ucits axé sur l’agroalimentaire
- De prince déchu de l’IA à lanceur d’alerte malgré lui
- La finance climatique franchit les 2.000 milliards de dollars
- Oddo BHF met la main sur la plateforme de services aux fonds Ifsam
- Pimco et AllianzGI collectent 87 milliards d'euros au premier semestre 2026
- Le fonds souverain norvégien carbure à l'IA
Contenu de nos partenaires
-
MatrixComment la France révolutionne l’IA de défense avec Arcadia
Le ministère des Armées et ses différentes entités numériques mènent tambour battant la mise en place de systèmes de commandement dopés aux intelligences artificielles. En voici les coulisses. -
Viser la luneBudget 2027 : les pistes sur la table du gouvernement
L’Inspection générale des finances a récemment dévoilé une palette de mesures d’économies dans différents domaines. Les arbitrages du gouvernement sont attendus à la rentrée -
Addiction aux réseaux sociaux : nouveau procès contre Meta, menacé d’une amende record
Le groupe de Mark Zuckerberg fait face à son troisième procès majeur cette année. Il est accusé d’avoir sciemment conçu l’algorithme de ses plateformes pour rendre addicts les mineurs.