L’Isda relativise le risque lié aux CDS sur la Grèce

De passage à Paris, le directeur général de l’association a fait le point avec L’Agefi sur le dossier grec et les projets réglementaires européens
Violaine Le Gall

Alors que les discussions autour de la participation du secteur privé (PSI) au sauvetage de la Grèce tardent à aboutir, les dirigeants de l’Association internationale pour les swaps et les produits dérivés, l’Isda, étaient hier de passage à Paris pour rencontrer leurs membres et des autorités, notamment l’ACP, le Trésor et l’Esma.

Avec l’intensification des discussions sur le PSI, la question du déclenchement des contrats de protection contre le risque de défaut (CDS) de la Grèce est revenue sur le devant de la scène. Tandis que le cas grec ne devrait pas, dans la situation actuelle, déclencher un événement de crédit, l’introduction d’une clause d’action collective (CAC) sur les obligations du pays pourrait changer la donne. Si elle est utilisée et aboutit à une réduction du coupon ou du principal, elle pourrait déclencher un événement de crédit qui entraînerait le débouclage des CDS.

Mais Robert Pickel, le directeur général de l’Isda, a relativisé hier le risque lié au marché des CDS. «Le montant notionnel net, qui pourrait être échangé entre les acteurs du marché des CDS en cas d'événement de crédit sur la Grèce, s'élève à 3,2 milliards de dollars. Le bruit sur les CDS grecs détourne les gens de la question de la dette», a-t-il expliqué hier à L’Agefi.

L’Isda souhaite par ailleurs rassurer sur la pertinence du comité de détermination qui tranchera le cas grec. Malgré la prépondérance des banques qui traitent les CDS dans le comité, les fonds sont aussi pris en compte, grâce à un vote à la majorité qualifiée. Une fois prise, la décision serait difficilement contestable en justice, estime l’Isda, car toutes les caractéristiques du comité sont inscrites dans les contrats de protection.

Les travaux de l’Isda se concentrent actuellement sur la réduction du risque systémique. Ses professionnels suivent donc de près les projets de régulation des deux côtés de l’Atlantique. Concernant le règlement Emir en Europe, l’Isda est satisfaite de la reconnaissance de la compensation indirecte qui concerne les acteurs non membres des chambres, mais s’interroge sur la faisabilité de l’obligation de compensation rétrospective. L’association plaide aussi pour une directive sur l’homogénéisation des règles de compensation bilatérale, laquelle s’effectue sur la base de toutes les catégories de dérivés d’une contrepartie et permettrait de réduire très fortement les expositions nettes.

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