L’Isda alimente le débat sur son mode de fonctionnement
L’Isda persiste et signe. L’association professionnelle sur les produits dérivés a confirmé hier que la proposition française de reconduction d’une partie de la dette souveraine grecque aux mains des créanciers privés ne constituerait pas un événement de crédit susceptible d’entraîner le règlement des contrats dérivés assis sur cette dette «Tel que je le comprends, le plan français est effectivement une reconduction (ndlr: rollover) volontaire, et de manière générale une reconduction volontaire ne déclencherait pas de CDS», a indiqué à Reuters le responsable juridique de l’Isda, David Geen.
L’association avait déjà jugé courant juin qu’une reconduction ou une extension volontaire ne permettaient pas de déboucler les contrats de protection contre un défaut (L’Agefi Quotidien du 10 juin). L’exposition brute aux CDS grecs est estimée aux alentours de 80 milliards d’euros, mais à 5 milliards d’euros en net – les montants bruts sont artificiellement gonflés, une même transaction sur un CDS pouvant compter double (à l’achat et à la vente).
Le fossé s’élargit donc entre l’Isda et les agences de notation qui brandissent, elles, la menace d’un défaut, comme l’a fait S&P lundi. Ces divergences suscitent le débat autour du fonctionnement de l’Isda, qui laisse le pouvoir aux banques.
Des comités de détermination, par grandes régions, décident s’il convient de déclencher ou non les contrats dérivés. Pour l’Europe, ce club au pouvoir énorme comprend 12 banques actives sur le marché des CDS : Bank of America Merrill Lynch, Barclays, BNP Paribas, Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, JPMorgan, Morgan Stanley, la Société Générale et UBS, tandis que Citi et RBS ne prennent pas part au vote. On y trouve seulement cinq acteurs qui ne sont pas courtiers: BlackRock, BlueMountain, Citadel, D.E. Shaw et Rabobank.
Certains investisseurs, qui se couverts avec des CDS, peuvent estimer que les banques vendeuses de protection sont à la fois juges et parties. Le non déclenchement d’un contrat alors que l’émetteur est noté en défaut – ce qui est déjà arrivé pour des entreprises en défaut restreint ou sélectif, à l’occasion par exemple d’un échange forcé sur une partie de la dette – pourrait aussi remettre en question l’intérêt du marché des CDS souverains. L’Isda n’a en tout cas pas été saisie d’une demande de ses membres pour durcir sa définition d’un événement de crédit, indique David Geen.
Plus d'articles du même thème
-
La France reconquiert un vrai vivier d’aspirants à la Bourse
Avec 33 entreprises susceptibles de rejoindre les marchés actions, l'Hexagone constitue le deuxième contingent européen de futures cotations, derrière le Royaume-Uni. Cependant, en Europe, l'heure n'est pas à l'optimisme : le nombre de candidats à une IPO est en recul de 40 % depuis début 2025. Alimentée par l'émergence de nouvelles solutions de liquidité, cette tendance présage de millésimes 2027-2028 bien ternes. -
L’accord entre l’Iran et Oman prolonge la baisse du pétrole
Les deux pays bordant le détroit d'Ormuz ont trouvé un accord sur les routes de transit, qui reste à finaliser, permettant à terme une réouverture du corridor. Le marché apprécie mais reste prudent. -
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
La société italienne dévoile trois stratégies qui s’appuieront sur des véhicules du gestionnaire français afin de proposer des fonds à faible coût. -
iM Global Partner renforce son expertise obligataire avec Longfellow IM
La plateforme multi-gestion annonce un partenariat avec Longfellow Investment Management afin de renforcer son offre à revenu fixe. -
La gestion d’actifs de L&G affiche une décollecte de 25 milliards de livres sterling au premier semestre 2026
Malgré sa décollecte, le gestionnaire d’actifs britannique voit ses actifs sous gestion grimper à 1.242 milliards de livres sterling à fin juin. -
Columbia Threadneedle Investments annonce trois nominations en Europe
Le gestionnaire d’actifs américain annonce deux arrivées pour son équipe obligataire à Londres, mais également un retour dans son équipe actions.
ETF à la Une
- BNP Paribas est reconduit comme banque dépositaire par la caisse de retraite obligatoire des experts-comptables italiens
- Citadel vole au secours d'un concurrent mis au tapis par la correction de la tech
- Amundi surfe sur une vague de records au deuxième trimestre 2026
- ICE frappe fort en rachetant la plateforme obligataire MarketAxess
- Gestion d'actifs : le bilan de juillet 2026
Contenu de nos partenaires
-
« Cette campagne va être d’un niveau de manipulation inouï » : Gabriel Attal à son tour ciblé par la désinformation russe
Après Raphaël Glucksmann et Edouard Philippe, c'est au tour du candidat Renaissance d'être visé par une manipulation russe sur la plateforme X -
EXCLUSIF« Les critiques contre X sont le fait d’une frange opposée à la liberté d’expression »
Le patron de X France dénonce une hostilité particulière en France contre le réseau social détenu par Elon Musk, visé par une enquête judiciaire, et défend les efforts de modération et de transparence de la plateforme -
CouscoussièrePourquoi la classe politique reste si dépendante au réseau social X
Malgré les appels au boycott, le réseau social d’Elon Musk demeure incontournable avec près de 600 millions d’utilisateurs actifs. Seuls quelques puristes à l’image de Sandrine Rousseau ont migré sur Bluesky, sacrifiant un peu de leur visibilité médiatique au nom de leurs valeurs.