L’Irlande songe à se doter d’une deuxième structure de défaisance
L’extraction des créances douteuses du système bancaire reste au centre des préoccupations des autorités de régulation
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Antoine Duroyon
La restructuration du secteur bancaire irlandais cherche un deuxième souffle. Dans un entretien au quotidien The Independent publié jeudi, le régulateur financier Matthew Elderfield évoque la possibilité de mettre sur pied une deuxième banque de défaisance. Une «Nama 2» en quelque sorte, d’après le nom donné à la première structure lancée en 2009 (National Asset Management Agency) et qui a permis, au prix de sévères décotes, de sortir des bilans bancaires environ 71 milliards d’euros de créances douteuses dans l’immobilier commercial.
Cette nouvelle Nama pourrait quant à elle recueillir des actifs jugés non stratégiques, tels que les activités britanniques des établissements domestiques. Une option plus douce que la cession contrainte d’actifs, peu propice au vu de l’environnement actuel. «La cure d’amaigrissement est plus facile à dire qu’à faire», souligne Emer Lang, analyste chez Davy Securities, qui cite l’incapacité d’Allied Irish Banks (AIB) à céder ses actifs britanniques et la lenteur du processus de run-off des portefeuilles hypothécaires britanniques chez Bank of Ireland et Irish Life & Permanent.
Une décision devrait en tout cas intervenir rapidement, vraisemblablement d’ici la fin du premier trimestre. Les banques, qui ont accru en fin d’année dernière leurs besoins de financement auprès de la Banque centrale européenne, ont reçu l’ordre d’engager fermement le renforcement de leurs fonds propres, à hauteur de 1,5 milliard d’euros pour Bank of Ireland et de 6,1 milliards pour AIB. Cette dernière vient de passer dans le giron du public après une injection de 3,7 milliards d’euros.
Pour mener à bien la restructuration du secteur, le régulateur financier (Central Bank) a mandaté Barclays Capital. Il a par ailleurs demandé à BlackRock et au Boston Consulting Group de l’assister dans la mise en musique prochaine d’une nouvelle batterie de tests de solvabilité (prudential capital assessment review – PCAR) et de liquidité (prudential liquidity assessment review - PLAR). Trois firmes à la réputation bien établie et qui auront pour mission de faire oublier l’incongruité du «sans-faute» décroché l’été dernier par Bank of Ireland et AIB dans le cadre de stress tests largement décriés.
Le distributeur affiche sa préférence pour le plan de restructuration présenté par son premier actionnaire. Il souhaite toutefois l’améliorer légèrement pour les créanciers et a besoin du soutien des banques.
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