L’Irlande joue aujourd’hui son accès au Mécanisme européen de stabilité
Les Irlandais doivent se prononcer aujourd’hui sur l’adoption du «pacte budgétaire» signé par les chefs d’Etat et de gouvernement en mars. Les sondages les plus récents prédisaient une victoire du oui. De quoi rassurer le gouvernement. En début de semaine, le ministre irlandais des Finances, Michael Noonan, a prévenu qu’un non majoritaire au traité sur «la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire», équivaudrait à un «saut dans l’inconnu».
«Même si l’Irlande continue à respecter les conditions associées à son programme d’aide, une fois que celui-ci aura expiré à la fin de l’année 2013, elle aura besoin, d’un filet de sécurité. Le Mécanisme européen de stabilité est le seul disponible. Dans cette perspective un vote ‘non’ au référendum serait un sérieux revers», estime Gillian Edgeworth, chef économiste chez UniCredit dans une note. En effet, ledit «fiscal compact» précise que «l’octroi d’une assistance financière dans le cadre des nouveaux programmes en vertu du Mécanisme européen de stabilité sera conditionné, à partir du 1er mars 2013, à la ratification du présent traité». Selon le traité, les budgets nationaux doivent être en équilibre ou en excédent. Ce principe doit être intégré dans le droit national. Le déficit structurel des Etats devra rester inférieur à 0,5% du PIB et si la dette est supérieure à 60% du PIB, elle devra être réduite d’un vingtième par an.
Le traité, qui a été signé par tous les Etats membres de l’Union, sauf la Grande-Bretagne et la République Tchèque, doit entrer en vigueur lorsqu’il aura été ratifié par douze Etats membres de la zone euro, au plus tard le 1er janvier 2013. Le Portugal, la Grèce et la Slovénie l’ont déjà adopté.
L’Irlande fait figure d’élève modèle pour la mise en œuvre de son programme de sauvetage de 85 milliards d’euros accordé à l’hiver 2010. La restructuration du secteur bancaire a permis de réduire la dépendance des banques du pays au financement de la BCE, même si elle reste élevée. Au printemps, la Commission a estimé que la croissance devrait être de 0,5% cette année et de 1,9% en 2013. Le déficit devrait être ramené de 13,1% l’année dernière à 8,3% en 2012 et 7,5% en 2013. Cependant, «il y a peu de doutes que l’application du programme soit devenue plus difficile, compte tenu de la situation dans la zone euro», estime Gillian Edgeworth.
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