L’Irlande fait porter sur 2011 le gros de sa cure d’austérité
L’Irlande se prépare à quatre années d’austérité sans précédent. Le gouvernement prévoit d’économiser 15 milliards d’euros d’ici 2014, a indiqué hier le ministre des Finances Brian Lenihan. Grâce à cet ajustement, conforme aux attentes, l’Irlande souhaite retrouver un déficit budgétaire de 3% en 2014, comme le demande Bruxelles.
Dans son budget 2010, le gouvernement avait estimé que seul un ajustement budgétaire de 7,5 milliards d’euros serait nécessaire pour atteindre l’objectif de 3 % en 2014. Mais la détérioration de la croissance plus forte que prévu entraîne une diminution des recettes et le coûteux sauvetage bancaire force le gouvernement à trouver de nouveaux gisements de réduction des coûts.
La rigueur sera particulièrement marquée en 2011. Le gouvernement prévoit en effet un ajustement de 6 milliards d’euros, ce qui permettrait de réduire le déficit budgétaire à 9,5 % du PIB contre 32% cette année compte tenu des sommes engagées pour sauver les banques locales.
Au vu de la situation macroéconomique, le gouvernement ne peut pas compter sur une augmentation des recettes. L’ajustement se basera donc principalement sur la réduction des dépenses. Le détail du plan sera précisé d’ici fin novembre, et le budget dévoilé le 7 décembre.
Après l’annonce de son ajustement budgétaire, la tension sur la dette souveraine irlandaise s’est légèrement réduite mais le taux à dix ans a toutefois augmenté de 18 points de base (pb) sur la journée. Sur cinq jours, il s’est tendu de 67 pb. Et le CDS à cinq ans a atteint hier un nouveau sommet à 579 pb, ce qui représente une probabilité de défaut de 40%.
La Banque centrale européenne a bien tenté de calmer le jeu. Jean-Claude Trichet a déclaré hier que les 15 milliards d’euros d’économies attendues sur quatre ans ne lui semblaient pas insuffisants. Par ailleurs, la BCE aurait acquis hier de la dette souveraine irlandaise sur le marché afin d’enrayer l’envolée des taux, d’après des traders cités par Bloomberg.
La volatilité sur la dette irlandaise, ainsi que sur les autres obligations d’Etats périphériques, risque cependant de ne pas baisser de si tôt. La nervosité restera forte sur la dette souveraine tant que le mécanisme visant à pérenniser le fonds européen de stabilité fianncière ne sera pas fixé. Et les opérateurs pourraient vouloir tester son efficacité.
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