L’innovation technologique dans le trading ne doit pas constituer une menace
L’Esma a publié ses directives concernant l’organisation des plates-formes électroniques de trading, qui prendront effet dès le 1er mai prochain
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Benoît Menou
L’Esma (European Securities and Markets Authority) entend bien empêcher que l’innovation technologique dans le trading ne mettre en danger le bon fonctionnement des marchés. A ce propos, l’autorité a publié hier dans le cadre d’un rapport final un ensemble de recommandations, qui prendront effet dès le 1er mai prochain, un mois après leur mise à disposition prévue par les autorités nationales. Charge à chacune de ces autorités et aux intervenants du marché de faire par la suite, conformément aux règles communautaires, respecter ces règles.
L’autorité européenne de supervision des marchés souhaite établir des règles concernant «les systèmes et les contrôles au sein d’un environnement de négoce automatisé». Elle vise tant les plates-formes de trading que les sociétés d’investissement et les autorités compétentes. L’Esma tient ainsi sous sa férule les marchés régulés comme les plates-formes alternatives (Multilateral trading facility, ou MTF), pour l’ensemble des instruments financiers.
L’Esma demande notamment la mise en œuvre pour les opérations de trading algorithmique de contrôles appropriés antérieurs à la négociation (pre-trade), qui passeront par la possibilité de limiter le nombre d’ordres que chaque intervenant peut transmettre au marché. Ces contrôles doivent tenir compte d’une gestion des risques, prévenant tout ordre erroné, entraînant le non-respect des seuils de gestion ou pouvant être considéré comme participant à une manipulation de cours. L’organisation des plates-formes doit prévoir l’encadrement voire l’arrêt des transactions en cas de fortes variations de prix afin d’éviter tout emballement.
Les sociétés de gestion devront en outre déployer des efforts organisationnels permanents passant par l’emploi de salariés au fait des derniers développements liés à leurs outils, dont la compatibilité avec les autres intervenants devra être soigneusement validée, et par le contrôle du comportement des algorithmes. Naturellement tout sera mis en œuvre pour permettre l’inspection par les autorités compétentes.
Président de l’Esma, Steven Maijoor a tenu à faire valoir que la publication faite hier «constitue une étape importante dans l’amélioration de la supervision du trading automatisé». L’autorité n’en restera pas moins attentive aux évolutions du secteur, particulièrement celles qu’elle juge capables de porter atteinte aux infrastructures du marché.
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