«L’injection de liquidité à trois ans devrait faire baisser l’euro»

Nicolas Forest, responsable de la stratégie taux de Dexia AM
Solenn Poullennec

L’Agefi: Croyez-vous à une nouvelle intervention de la Banque du Japon pour endiguer l’appréciation du yen ?

Nicolas Forest : L’appréciation de la devise nippone est exceptionnelle, devenant problématique pour la balance commerciale japonaise devenue négative pour la première fois de son histoire depuis 1980. Dans ce contexte, nous pensons effectivement que les autorités japonaises devraient intervenir à chaque fois que le yen risque de passer sous les 76face au dollar. C’est ce que laissent penser non seulement les récents commentaires, mais également l’histoire récente. Ils sont déjà intervenus en octobre 2011 quand le yen avait franchi ce seuil. Notre stratégie yen est donc négative.

Comment la crise devrait-elle jouer sur l’euro ?

La crise de la dette européenne a entrainé dans la deuxième partie de l’année 2011 une nette décrue de l’euro. Depuis début 2012, le retour d’un certain appétit pour le risque a conduit à un rebond de l’euro. Pourtant sur le long terme, nous pensons que la devise devrait se déprécier. En effet les déséquilibres structurels de déficit persistent et il ne faudrait pas exclure un retour de l’aversion pour le risque. Dans ce contexte, la BCE devrait rester accommodante et poursuivre son offre illimitée de liquidité à 3 ans. Or une telle opération devrait faire baisser l’euro dont la cherté venait aussi en partie de l’orthodoxie de sa banque centrale. D’un point de vue macroéconomique enfin, la restriction budgétaire à venir devrait peser sur la croissance européenne. Seul facteur à risque, le positionnement des investisseurs déjà fortement sous-pondérés sur cette devise.

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