L’inflation reste le dernier rempart au processus de normalisation de la Fed
La Fed navigue dans des eaux troubles. «Une majorité de participants a jugé qu’il serait utile d’inclure un nouveau mode de langage dans la forward guidance du Comité afin de clarifier la façon dont sa décision concernant le lancement du processus de normalisation de sa politique dépendra des prochaines informations sur l’économie», ont révélé les minutes de la dernière réunion du FOMC. Le seul frein subsistant à une telle mutation est le niveau encore trop faible de l’inflation, dépendant de la hausse des salaires.
Si l’inflation sous-jacente est remontée à 1,8% en octobre, elle reste sous les 2%, à l’instar de l’indice sous-jacent PCE privilégié par la Fed qui reste faible à 1,4%, et de son niveau de marché, à seulement 1,2%. «Dans sa volonté de remonter les taux directeurs, la Fed a longtemps négligé la forte baisse des anticipations d’inflation de marché comme ne reflétant pas celles des consommateurs, mais vient de changer d’avis», explique SG CIB.
Les anticipations d’inflation à 5 ans des consommateurs américains mesurées par l’université du Michigan ont reculé à 2,6%, au plus bas depuis mars 2009. À 2,45%, le taux de swap 5 ans dans 5 ans est à son plus faible niveau depuis janvier 2009 et inférieur de 46 pb à sa moyenne historique, alors que le point mort des obligations indexées à 10 ans est, à 1,84%, au plus bas depuis octobre 2011 et inférieur depuis près de deux mois au niveau cible de la Fed de 2%.
«Une baisse de l’inflation hors des périodes de récession est un phénomène assez rare qui ne s’est produit que durant trois trimestres sur les 25 dernières années et a été suivi d’une hausse sensible des dépenses réelles de consommation», rappelle Barclays qui n’exclut pas une bonne surprise sur son scénario de croissance de 2,2% en 2014 et 2,9% en 2015. Les membres du FOMC restent confiants sur le retour de l’inflation vers sa cible à moyen terme et ont à nouveau manifesté leur malaise face aux anticipations des taux Fed funds faites par les marchés futures.
Sur les deux derniers mois, les marchés ont même décalé à la baisse de 26 pb leurs prévisions à fin 2015 pour ne plus anticiper qu’une ou deux hausses de taux l’an prochain. A fin 2016, ils tablent désormais sur un niveau de taux Fed funds à 1,50%, contre 1,90% il y a deux mois, ce qui correspond à un rythme de resserrement monétaire limité à 125 pb sur les deux prochaines années, soit 25 pb tous les cinq mois.
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