L’inflation réduit les marges de manœuvre du Brésil pour relancer sa croissance
Le Brésil est à la recherche de sa croissance perdue. Dans une note publiée mercredi, Fitch a mis en garde sur les perspectives d’évolution de la note souveraine du pays, qui traverse une période de ralentissement «plus longue et plus sévère que ce que nous avions anticipé».
Une annonce qui intervient une semaine après la dégradation de la note de la banque publique d’investissement (BNDES) et de Caixa Econômica Federal par Moody’s. «Un environnement d’activité difficile, un lourd fardeau fiscal, un marché du travail rigide et des besoins d’infrastructures ont conduit à une baisse de la productivité et de la croissance des investissements, réduisant ainsi la croissance potentielle du pays», estime Shelly Shetty, responsable des notations sur l’Amérique latine chez Fitch. Malgré des programmes de relance budgétaire à répétition, dix baisses de taux directeurs consécutives, et la chute du real censée relancer le commerce extérieur, la croissance n’a été que de 0,9% en 2012. Bien loin des 3,5% initialement visés par le gouvernement.
Fitch estime qu’une baisse de l’excédent budgétaire primaire à 2,1% et d’une croissance à 3% ferait progresser le niveau de la dette. Si l’agence maintient son BBB avec perspective stable, un tel scénario «pourrait retarder l’amélioration de la position relative du Brésil dans sa catégorie de notation». La dette publique a atteint 60% du PIB, contre 40% pour le Mexique.
Dans ce contexte, la présidente Dilma Rousseff a indiqué que sa priorité restait la croissance, qu’elle ne souhaite pas voir sacrifiée au bénéfice de la lutte contre l’inflation, qui a pourtant atteint 6,43% en rythme annuel mi-février. Un niveau flirtant avec le seuil maximum toléré par la banque centrale de 6,5%. D’ailleurs, les minutes de la dernière réunion du comité de politique monétaire de l’institution ont semblé indiquer qu’une hausse des taux était sérieusement envisagée.
Après avoir fustigé la hausse du real qui pénalisait la reprise, les autorités brésiliennes sont intervenues hier sur le marché des changes pour endiguer la chute du real qui a atteint mardi un plus bas de deux mois, à 2,0160 contre dollar. Rechignant à céder aux pressions de Dilma Rousseff, le président de la banque centrale, Alexandre Tombini, semble privilégier ce type d’interventions pour limiter les risques de tensions inflationnistes, sans pour autant utiliser l’arme d’une hausse des taux directeurs.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE s'apprête à relancer un cycle de resserrement monétaire
La logique économique voudrait que la banque centrale remonte ses taux jeudi 11 juin de manière «préventive», sans annoncer la suite. Mais la logique monétaire amène plus souvent l'institution de Francfort à conforter ou orienter les marchés sur des vues restrictives pour lutter contre l’inflation. -
Banco BPM propose à Monte dei Paschi d'engager des discussions en vue d'une fusion
Le rapprochement entre les deux établissements donnerait naissance au deuxième acteur du secteur bancaire italien, avec une capitalisation boursière supérieure à 50 milliards d'euros. -
L’opposition des actionnaires diminue en assemblée générale
Au cours des 101 AG 2026 du SBF 120 qui se sont déjà tenues, le taux de contestation diminue. Il touche toujours en priorité les rémunérations et les autorisations financières. -
« La dynamique des bénéfices reste le principal moteur des marchés »
Laurent Denize, directeur des investissements chez Oddo BHF AM -
«Le mouvement baissier sur les taux Bunds nous semble inéluctable, le débat porte sur le rythme»
Julien Petit, responsable de la gestion crédit & absolute return chez Arkéa AM. -
«Croissance et inflation limitent le potentiel de dépréciation du dollar à court terme»
Amélie Derambure, responsable de stratégies d’investissement multi-actifs chez Amundi.
ETF à la Une
VanEck lance un ETF sur les infrastructures d'électrification
- L’AMF s’apprête à clarifier les obligations des sociétés de gestion en matière de rémunération des distributeurs
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- James Reynolds (GSAM International) : «Il y aura une dispersion croissante des performances en crédit privé»
- Protéger son portefeuille dans un monde incertain
Contenu de nos partenaires
-
Bras de fer« C’est dans le Top 3 de leurs sujets » : pourquoi les patrons français sont ultra-remontés contre la directive sur la transparence salariale
Les organisations patronales réclament plus de temps face à un texte jugé trop rigide et source de contentieux inédits -
Retour de flammeL'Allemagne aura-t-elle assez de gaz l'hiver prochain ?
Le remplissage des stockages souterrains est en retard par rapport aux années précédentes, contrecoup de la guerre au Moyen-Orient -
Think AgainL’Europe peut-elle regagner sa souveraineté technologique ?
« En 2026, l’IA ouvre une fantastique opportunité de transformation de la bureaucratie. Le saut technologique pourrait, s’il est réussi, rétablir la confiance de l’opinion dans les services publics »