L’inflation faible permet à la France de réduire le coût de sa dette
La prévision d’inflation qui figurera au budget 2015 sera scrutée à la loupe. Le niveau retenu pour l’évolution des prix revêt cette année une importance toute particulière pour les prévisions de déficit – déjà supérieur à 4% du PIB en 2014. Et ce, alors que le casse-tête de l’élaboration du projet de loi de finances 2015 a conduit le gouvernement à reporter d’une semaine sa présentation, au 1er octobre.
Une inflation faible est synonyme de moindres rentrées fiscales et de moindres dépenses. Elle aura aussi pour effet, comme l’a reconnu le ministre des Finances Michel Sapin, de minorer les économies prévues dans la programmation des finances publiques. Les 21 milliards d’euros d’économies attendues en 2015 s’expliquaient par l’écart entre le gel des dépenses et leur hausse tendancielle liée à l’inflation de 1,5% prévue à l’origine l’an prochain. Avec une prévision d’inflation révisée en baisse, ils ne seront pas atteints.
En revanche, l’inflation faible réduit le coût des emprunts d’Etat français indexés sur l’évolution de l’indice des prix en France ou en zone euro. En exécution budgétaire, la bonne surprise est proportionnelle à l’écart entre la prévision d’origine et l’inflation constatée. «Une réduction de l’inflation de 0,1 % se traduit par une économie de l’ordre de 0,18 milliard d’euros des provisions pour indexation du capital des titres indexés sur l’inflation», indiquait le rapport de la commission des finances du Sénat lors de la discussion du projet de loi de Finances rectificative (PLFR) 2014 en juillet. A fin juillet, l’encours d’indexées atteignait 187 milliards d’euros, soit 12,3% du total de la dette gérée par l’Agence France Trésor.
En 2013, la charge de la dette avait été inférieure de 1,9 milliard à la prévision, pour les deux tiers grâce à l’effet inflation sur le coût des indexées. Dans le PLFR 2014, la charge de la dette a été revue en baisse, à 44,85 milliards d’euros contre 46,65 milliards dans la loi de Finances initiale, en raison d’une part de la faiblesse des taux (0,8 milliard) et d’autre part de l’inflation (1 milliard) par rapport à la prévision initiale.
Celle-ci a été ramenée dans le PLFR à 1,2% en moyenne pour la France en 2014, alors que l’indicateur est tombé à 0,5% en juillet. Une prévision jugée «manifestement élevée» par le Haut conseil des finances publiques. Mais qui permet de garantir, au moins pour cette année, une exécution budgétaire favorable en termes de coût de la dette.
Plus d'articles du même thème
-
Un tiers des successions des dirigeants du SBF 120 en 2025 n’était pas planifié
La succession des directeurs généraux est devenue une priorité permanente de gouvernance. Une bonne préparation dépend de la qualité de la relation du conseil avec le dirigeant en place. Quand ce dernier est doté d’une forte personnalité, la gestion de la succession risque d’être plus complexe. -
Les fabricants de puces forcent la porte du «club des 1.000 milliards» en Bourse
Mardi, Micron a franchi pour la première fois la barre des 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière après qu'UBS a presque triplé son objectif de cours. Mercredi, le sud-coréen SK Hynix lui a emboité le pas. -
Les 3M, ces trois freins à la guerre qui n’ont plus d’effet
La pression sur Donald Trump liée aux élections de mi-mandat, aux marchés et aux munitions (les 3M) devait aboutir à une désescalade rapide du conflit en Iran, et guider des arbitrages qui n’ont pas vraiment eu lieu sur les marchés financiers. De quoi craindre un potentiel enlisement. -
Inetum accompagne la Banque d'Espagne sur l'euro numérique
Même si le vote de l'euro numérique à Bruxelles est retardé, les travaux sur sa version pilote sont déjà enclenchés. Alors que l'appel à candidatures pour les PSP vient seulement de se terminer pour la Banque de France, la Banque d'Espagne avance avec le français Inetum. -
La Cour des Comptes prescrit des économies en urgence à la Sécurité sociale
En présentant leur rapport sur le financement de la protection sociale, les magistrats ont insisté sur la nécessité de mettre en œuvre des mesures d’économies pendant qu’il est encore temps. -
Face au choc agroalimentaire qui se prépare, l’Europe décide de soutenir ses agriculteurs
Un plan assurant les approvisionnements en engrais a été adopté par le Conseil européen, alors que la FAO prévoit une crise alimentaire dès cette année en Afrique et en Asie.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- La réplication synthétique dévoie la vocation du PEA
- L'Esma propose deux candidatures pour sa présidence
- Pierre Séquier (Exane AM) : «L'Europe germanophone constitue un objectif pour notre développement»
- L’essor de la gestion passive continue de soutenir l’industrie des indices en 2025
- L’Italie cherche à canaliser l’épargne vers ses entreprises
Contenu de nos partenaires
-
Israël bombarde Tyr après avoir déclaré « zone de combat » une vaste partie du sud du Liban
Beyrouth - L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une « zone de combat » tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière -
Intelligence artificielle : les patrons tempèrent enfin sur l’impact réel sur l’emploi
Washington - Après avoir parlé de licenciements massifs provoqués par leur technologie, les patrons de l'intelligence artificielle (IA), confrontés à une hostilité croissante de la part de l'opinion publique, commencent à se montrer plus mesurés quant à l'impact à venir sur l'emploi -
Ce qui nous attend« Avec l'IA, les entreprises vont avoir besoin de beaucoup d’experts à la croisée du juridique et de la tech »
Pour Vincent Huguet, cofondateur et CEO de Malt, le besoin de conformité à venir des entreprises pour satisfaire aux règlementations européennes va faire naître de nouveaux métiers, à l'image des délégués à la protection des données (DPO) lors du RGPD.