L’inflation et l’accès au crédit s’améliorent en zone euro
La BCE marque des points dans sa bataille contre la déflation. Le taux d’inflation en zone euro publié hier s’est inscrit pour la première fois depuis novembre en territoire positif, à +0,3% sur un an, contre 0% à fin avril, et à 0,1 point au-dessus des attentes du consensus. Mais la vraie surprise est venue de l’inflation «core», hors prix de l’énergie et des produits alimentaires, qui s’est redressée de 0,2 point, à 0,9%. Résultat, les taux des emprunts d’Etat se sont fortement tendus hier, l’OAT 10 ans passant au-dessus des 1% et le Bund gagnant 16 pb.
Si une partie du regain d’inflation dans les services peut être due à des effets de calendrier, «l’accélération des prix des biens industriels hors énergie commence probablement à refléter l’effet décalé de la dépréciation de la devise», estime Marco Valli, le chef économiste Europe d’UniCredit. A mesure que s’estompera l’effet de base lié à la chute des prix du pétrole du deuxième semestre 2014, le taux d’inflation en zone euro devrait progresser vers les 1% d’ici à la fin de l’année, poursuit l’économiste, tandis que «l’inflation core dérivera à la hausse à un rythme très modéré, grâce à la dévaluation de l’euro et à la lente érosion de l’output gap».
Les perspectives s’améliorent aussi sur le front de l’accès des PME au crédit. L’enquête semestrielle de la BCE sur l’accès au financement des PME dans la zone euro, menée entre le 16 mars et le 25 avril, fait apparaître une embellie. «Pour la première fois depuis 2009, [les entreprises] indiquent, dans l’ensemble, une amélioration de la disponibilité des prêts bancaires. De la même façon, elles signalent, globalement, une baisse des taux d’intérêt et une augmentation des volumes et un allongement des échéances disponibles pour les prêts et les découverts», indique la BCE. L’accès au financement figure désormais au dernier rang de leurs problèmes.
Comme toujours, l’enquête fait apparaître de grands écarts entre pays, signe des freins à la transmission de la politique monétaire de la BCE. C’est en Grèce que l’accès au financement bancaire reste le plus compliqué: 39% des entreprises ont vu leur demande de crédit soit rejetée, soit satisfaite en partie ou pour un prix trop élevé, ou bien n’ont pas osé solliciter leur banque par peur d’un refus. En Italie, mais aussi aux Pays-Bas, cette proportion atteint 20%. Elle tombe à 10% en France.
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