La hausse est de 8,7 % en février, la plus forte depuis douze ans, signe que les relèvements de taux de la Banque centrale n’ont pas produit leur effet
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Olivier Sasportas, à Pékin
En grande partie imputée par le gouvernement aux intempéries de cet hiver qui ont paralysé le Centre et le Sud du pays, la hausse de l’indice des prix de détail (CPI) pour le mois de février ressort à 8,7 %, après 7,1 % en janvier. Il faut remonter à l’année 1996 pour retrouver un indicateur d’inflation de cet ordre de grandeur - la Chine ayant connu entre 1993 et 1996 une inflation moyenne de 16 %.
Malgré le caractère exceptionnel des tempêtes de neige de cet hiver, et bien que toujours tiré vers le haut par la composante alimentaire (+23,3 %), le phénomène tend à se propager à l’ensemble de l’économie, avec un PPI (indice des prix à la production) annoncé également en hausse de 6,6 %. Ces chiffres sont aussi une mauvaise nouvelle pour les économies occidentales, la Chine exportant désormais de l’inflation et non plus de la désinflation.
Face à cette situation, les déclarations de Zhou Xiaochuan, le président de la Banque centrale, lors d’une conférence de presse donnée en marge de la session annuelle du Congrès à Pékin, laisseraient entendre une hausse des taux dans un futur proche.
Pour autant les six dernières hausses de taux consécutives de la Banque centrale n’ont toujours pas démontré leur efficacité à juguler une augmentation des prix qui va en s’accentuant. Dépendante de l’extérieur pour satisfaire une croissance gourmande en matières premières, l’économie chinoise subit de plein fouet l’envolée générale des cours.
Les tentatives de Pékin de maîtriser le mouvement en contrôlant les prix découragent des producteurs locaux qui préfèrent dès lors suspendre leurs activités plutôt que vendre à perte. Avec pour conséquences des pénuries qui à leur tour alimentent l’inflation.
Reconnaissant la pression inflationniste du prix élevé des matières premières, Louis Kuijs, senior économiste au bureau de Pékin de la Banque mondiale, relève toutefois qu’une stabilisation des prix sur les marchés internationaux devrait avoir lieu à l’horizon d’un an : «Dans ces conditions, on peut envisager une baisse de l’inflation d’ici à six mois.»
En attendant, alors que la nette décélération des exportations en février (+5 %), à comparer aux +26 % de janvier, fait planer le spectre de la récession aux Etats-Unis comme une menace supplémentaire, l’incertitude sur la marche à suivre continue de peser sur des Bourses revenues à leurs niveaux d’août 2007.
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