L’industrie française est victime d’une croissance domestique atone
La faiblesse de la demande intérieure constituera le principal handicap de l’économie française en 2012, selon les dernières perspectives économiques et sectorielles du Crédit Agricole-LCL. Disposant de capacités de production excédentaires, les entreprises sont incitées à repousser leurs investissements qui devraient progresser de seulement 0,6% cette année contre +3,6% en 2011. La variation des stocks pèserait négativement sur la croissance (-0,6 point), alors qu’elle avait apporté une contribution positive de 0,9% l’an dernier. Le repli de 1,4% de la production manufacturière prévu semble modéré par rapport au recul de 2,2% en rythme annuel enregistré sur la période de mars à mai 2012.
La consommation des ménages devrait pour sa part être nulle (+0,1%) en raison d’un environnement propice au maintien d’une épargne de précaution élevée et d’un pouvoir d’achat attendu désormais en baisse. Si le ralentissement des revenus salariaux avait déjà été anticipé, la banque table sur un moindre repli de l’inflation cette année (+1,9% en moyenne contre +1,7% prévu en janvier dernier). Malgré une contraction de 0,3% de l’activité prévue dans la zone euro, «la relative résistance de l’économie américaine et des pays émergents, couplée à l’affaiblissement de l’euro» devraient en revanche permettre au commerce extérieur d’être le principal contributeur (+0,6 point) à la croissance française qui s’élèverait à seulement 0,3% cette année.
Sous réserve «d’une amélioration très progressive» de la crise de la dette souveraine européenne, le léger rebond du PIB (+1,1%) attendu en 2013 sera insuffisant pour éviter une détérioration supplémentaire du marché de l’emploi, avec un taux de chômage de 9,9% anticipé l’an prochain après 9,7% en 2012. Ce rebond dépendra également de «l’impact des mesures devant être mises en place par le nouveau gouvernement au cours des prochains mois et dont les délais doivent être précisés», soulignent les économistes de CA-LCL. Cette mauvaise visibilité se reflète dans certaines prévisions d’activité du secteur industriel. Si la dispersion de ces prévisions est un peu plus forte qu’en début d’année, seulement un tiers des 32 secteurs passés en revue devrait afficher cette année une croissance supérieure au PIB français (voir graphique).
En tête du palmarès, la progression de 3,5% dorénavant anticipée pour les composants électronique (contre un recul de 2% prévu en janvier) est ainsi fondée sur «le pari d’une bonne résistance des niches de marché où la production hexagonale est présente, et de meilleures perspectives au niveau du panorama international, avec un pilotage à vue pour la plupart des acteurs». On trouve ensuite des secteurs capables de tirer parti d’une demande mondiale dynamique comme les engrais ou la construction aéronautique civile. Le meilleur classement des équipements télécoms tient surtout à une parité euro/dollar plus favorable aux exportations hors zone euro.
Parmi les secteurs en repli, on trouve la pharmacie, traditionnellement défensive, qui pâtira «de contraintes accrues sur les dépenses de santé aussi bien en France qu’en Europe». Certains segments des biens intermédiaires comme le papier-carton (-6%) et le verre plat (-10%) devraient particulièrement souffrir de surcapacités de production doublées d’une demande finale mal orientée. Client important du verre plat, le secteur automobile (voitures particulières, utilitaires, équipementiers) ressort encore en queue de ce classement, en raison du recul persistant de la demande européenne.
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