L’industrie de la titrisation dévoile son label de qualité
Dès la fin de l’année, les émetteurs de titrisations pourront demander à ce que leurs opérations bénéficient d’un label de qualité. Créé à l’initiative de l’industrie financière, celui-ci doit aussi promouvoir «la simplicité, la transparence et la standardisation» du marché européen. In fine, il est censé améliorer sa liquidité en rassurant les investisseurs qui tendent à le déserter.
L’Association pour les marchés financiers en Europe (AFME) et la Table ronde pour les services financiers européens (EFR) viennent de dévoiler le mode d’attribution de ce standard, attendu de longue date. «L’Europe a besoin d’un marché de la titrisation sain. Nous croyons que cette initiative et les changements réglementaires vont soutenir le marché», défend Sebastian Fairhurst de l’EFR dans un communiqué.
Baptisé PCS (prime collateralised securities), le label ne pourra être attribué qu’aux «titrisations adossées à des classes d’actifs dont la performance est restée bonne tout au long de la crise et qui ont un lien direct avec le financement de l’économie réelle», écrivent les associations.
Il s’agit donc des ABS auto (loans et leases) des RMBS, ou des ABS montés à partir de prêts aux PME, à la consommation ou de cartes de crédit. Pour le moment, les titrisations adossées à des prêts immobiliers commerciaux (CMBS), les CDO, les titrisations synthétiques ou les titrisations de titrisations ne pourront pas recevoir le label. Mais les associations précisent que les critères d’éligibilité pourront évoluer dans le temps.
Seules les tranches les plus seniors des opérations, qui auront été notées par au moins deux agences de notation pourront bénéficier du label. Il est précisé que «PCS n’est pas conçu pour se substituer à la diligence des investisseurs ou aux agences de notation». Enfin, les opérations devront respecter les standards de transparence de la Banque centrale européenne et de la Banque d’Angleterre.
Ce sera au «PCS secrétariat», dirigé par l’ancien chef du département des produits structurés de Standard and Poor’s en Europe, Ian Bell, de passer en revue rapidement chaque opération pour attribuer le label, moyennant une contribution financière des émetteurs. Le secrétariat sera assisté d’un panel resserré d’entreprises spécialisées. Les titrisations qui ont été émises avant l’aboutissement de cette initiative pourront en bénéficier. Le certificat de qualité pourra être retiré au cours de la vie des obligations.
Plus d'articles du même thème
-
Wall Street se prépare à accueillir ses nouvelles stars
SpaceX a déposé mercredi 20 mai son prospectus de cotation auprès du régulateur américain. Celui d'OpenAI est imminent, en attendant le projet d'Anthropic. Ces trois entreprises devront susciter l’intérêt des investisseurs avec des opérations presque simultanées, pour peu que l'engouement ne retombe pas. -
Le régulateur financier demande des moyens à la hauteur des défis qui l’attendent
François Villeroy de Galhau, gouverneur sortant de la Banque de France, a profité du traditionnel rapport annuel de l’Autorité de contrôle pour dresser le bilan d’une décennie de régulation et surtout formuler ses vœux pour l’avenir de la supervision bancaire et assurantielle. -
Le marché high yield ne connaît pas la crise
Les émetteurs haut rendement ont afflué ces dernières semaines sur le marché primaire, soutenus par la forte demande pour le rendement. Certains craignent néanmoins une trop grande complaisance. -
L’énergie et la technologie alimentent les records en Bourse
Ces deux secteurs ont permis aux marchés actions de bien performer depuis le début de l’année, portés notamment par les bons résultats du premier trimestre. Mais la dynamique est moins favorable pour l’Europe. -
Vinfast a décidé de transformer son modèle économique
La cession prochaine de ses actifs de production au Vietnam à des investisseurs, doublée d’une reprise de dette, vise à réduire l’intensité capitalistique du spécialiste des véhicules électriques. -
La banque centrale indienne intervient pour soutenir la roupie
Confrontée à une longue chute, la monnaie indienne s’est redressée après l’annonce d’une opération de la Banque de réserve de l’Inde. Elle reste fragile, fluctuant au gré de l’évolution des prix du pétrole, en attendant la prochaine réunion de politique monétaire.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
- JP Morgan AM veut faire passer les investisseurs des ETF passifs aux ETF actifs dans l'obligataire
Contenu de nos partenaires
-
Serrer les dentsAides carburant et économies : jusqu'où Lecornu peut-il tenir ?
Maintenant qu'il a repoussé la sortie de crise au-delà de l'été, au mieux, le Premier ministre s'engage dans une course de fond sans moyen financier, diminué par le faible nombre d'alliés et plombé par le contexte économique -
Ligne de crêteSébastien Lecornu entre volonté de soutenir l'activité et refus du « quoi qu'il en coûte »
En annonçant l'élargissement des aides pour une période de trois mois supplémentaires, Sébastien Lecornu a promis qu'il ne proposerait aucune augmentation d'impôt dans son projet de budget 2027 -
PénuriesLFI et le RN votent ensemble pour priver la France de riz, de chocolat, de fruits et de légumes
Mercredi en séance publique, les députés des deux extrêmes ont voté conjointement un amendement à la loi agricole pour interdire toute importation de produits ayant utilisé un phytosanitaire non homologué en France. Ce qui peut priver notre pays d'une partie de sa nourriture