L’industrie automobile fournit de l’activité aux banques d’affaires
Volkswagen et Renault ont été à l’origine des principales opérations de la semaine. Et le pipe-line du secteur est particulièrement garni
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Olivier Decarre
Dans une période où les perspectives du marché automobile européen restent bouchées, le salut pour les constructeurs passe par les pays émergents et l’optimisation des coûts. Deux axes stratégiques qui ne peuvent que les inciter à venir animer le marché des fusions-acquisitions. Volkswagen et Renault ont ainsi compté parmi les grands contributeurs au palmarès de la semaine (voir notre tableau réalisé avec Mergermarket), avec quelque 40 % des volumes constatés en Europe (sur les deals de plus de 50 millions d’euros).
Tandis que le français déboursera au total 1,17 milliard de dollars pour prendre 25 % du russe AvtoVAZ, Volkswagen a payé près de 2,9 milliards d’euros sa montée au capital du fabricant de poids lourds Scania (à plus de 68 % des droits de vote).
Ces transactions en augurent d’ailleurs de prochaines. Nul ne doute en effet que le mouvement de Volkswagen a pour but de lui permettre de mener - à ses conditions - une recomposition de la filière poids lourds (il détient aussi 29,9 % de Man). Un mariage entre ces deux groupes (qui pèsent chacun 13,5 milliards d’euros) apparaît donc de plus en plus probable. Mariage auquel Volkswagen apporterait de surcroît ses propres activités poids lourds.
Volkswagen devrait aussi jouer le rôle de cible dans un proche avenir, Porsche ayant obtenu de son conseil de surveillance l’autorisation de monter de 31 % à plus de 50 % au capital du groupe de Wolfsburg. Là encore, l’opération ne passera pas inaperçue : au cours actuel, elle représente un investissement de quelque 10 milliards d’euros.
Si les calendriers demeurent incertains, l’indien Tata Motors devrait quant à lui passer très vite à l’action. Mettant la touche finale à son plan de rachat des marques Jaguar et Land Rover (estimé à 2 milliards de dollars), il aurait, selon plusieurs médias, demandé ces derniers jours à ses conseils (Citigroup et JPMorgan) de lui monter un financement de 3 milliards de dollars lui donnant un peu de marge pour assurer les besoins en fonds de roulement.
Avec près de 40 milliards d’euros d’opérations dans les tuyaux (en plus des deals déjà menés), 2008 semble dès lors bien partie pour s’inscrire dans la continuité d’une année 2007 déjà marquée par la recomposition du secteur automobile. Une recomposition passée notamment par les ventes de Chrysler (7,4 milliards de dollars), VDO (11,4 milliards d’euros) et Aston Martin (925 millions de dollars).
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