L’Inde renforce son arsenal de lutte contre l’envolée de l’inflation
La banque centrale a procédé à un nouveau tour de vis monétaire de 25 points de base, portant son taux de refinancement à 6,5 %
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Patrick Aussannaire
Les craintes inflationnistes dans les pays émergents s’intensifient. Emboîtant le pas de nombre de ses voisins asiatiques (Thaïlande, Corée du Sud) mais également d’Amérique latine (Brésil), la banque centrale indienne (RBI) a annoncé hier un nouveau tour de vis de 25 points de base (pb) de son taux de refinancement à 6,5% et du «reverse repo», le taux d’intérêt que les banques reçoivent quand elles placent des avoirs à la banque centrale, à 5,5%. L’Inde avait été la première des nations du G20 à remonter ses taux en mars 2010, opérant ensuite un durcissement de ses conditions monétaires de 150 points de base sur l’ensemble de l’année dernière.
Malgré cela, les tensions inflationnistes, alimentées par l’envolée des prix des denrées alimentaires (16,9% en décembre) et du carburant, n’ont fait que croître. La hausse de l’indice des prix de gros a atteint 8,43% en décembre, après 7,5% en novembre, forçant la RBI à revoir ses prévisions d’inflation pour fin mars à 7%, contre 5,5% lors de sa précédente estimation. Selon la RBI, «les risques inflationnistes se sont accrus» en raison de la mauvaise météo, de la hausse de la demande, des restrictions à l’export et de la spéculation. Symboliquement, le prix de l’oignon, ingrédient de base pour la préparation de nombreux plats indiens, a triplé en quelques mois à 80 roupies le kilo (1,3 euro).
Malgré des prévisions de croissance maintenues par la RBI à 8,5% pour l’année budgétaire en cours et une croissance de 8,9% enregistrée entre juillet et septembre 2010, la hausse des prix n’a pas été compensée, comme c’est le cas dans les autres pays asiatiques, par un excédent commercial. Avec la hausse de la roupie, l’Inde a enregistré un déficit trimestriel record, tandis que le Sensex a chuté de 7,5% depuis le début de l’année (contre +3,3% pour le Hang Seng) sur fond de crise politique.
Le gouvernement a investi massivement dans les infrastructures dans les cinq dernières années, et prévoit d’amplifier cette tendance dans les cinq prochaines. La RBI a également annoncé son intention d’émettre pour la première fois depuis 1994 des obligations indexées sur l’inflation (TIPS) destinées à offrir aux investisseurs une couverture contre les risques inflationnistes.
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