L’inconvénient des achats de titres d’Etat reste le risque inflationniste
Jean-Louis Mourier, coresponsable de la recherche économique & stratégie chez Aurel BGC
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Tân Le Quang
L’Agefi: La BCE sera-t-elle amenée à recourir à un assouplissement quantitatif pour soutenir le marché ?
Jean-Louis Mourier: L’objectif de la BCE n’est pas de soutenir le marché, mais les banques. Le financement des économies de la zone euro reste, plus qu’aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, dépendant du système bancaire. Néanmoins, la BCE a déjà pris des mesures quantitatives d’assouplissement de sa politique: la décision de servir à volonté les banques se présentant à ses opérations de refinancement, à taux fixe, a provoqué une forte augmentation de son bilan. Il n’est pas certain qu’elle aille plus loin et annonce son intention de procéder à des achats fermes de titres sur les marchés. Plutôt qu’imiter les autres grandes banques centrales, ce qui n’est pas facile au regard de ses contraintes réglementaires, la BCE pourrait augmenter la maturité de ses opérations de pensions pour sécuriser la position de liquidité des banques.
En rachetant des titres d’Etat, la Banque d’Angleterre s’y prend-elle de la bonne manière pour restaurer la confiance du système financier ?
La décision de la BoE a été bien reçue, surtout sur le marché des Gilts. L’achat de titres d’Etat par la banque centrale facilite le financement des plans de relance et de soutien au système financier. Il sécurise la détention de liquidités des banques. En permettant une baisse des rendements des titres d’Etat, il incite les investisseurs à prendre plus de risque, puisque celui-ci est mieux rémunéré. La restauration de la confiance prendra du temps, mais la meilleure rémunération du risque permet de détendre les conditions de financement de l’économie. L’inconvénient majeur de cette action est le risque de forte hausse de l’inflation à terme.
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