L’inconvénient des achats de titres d’Etat reste le risque inflationniste
L’Agefi: La BCE sera-t-elle amenée à recourir à un assouplissement quantitatif pour soutenir le marché ?
Jean-Louis Mourier: L’objectif de la BCE n’est pas de soutenir le marché, mais les banques. Le financement des économies de la zone euro reste, plus qu’aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, dépendant du système bancaire. Néanmoins, la BCE a déjà pris des mesures quantitatives d’assouplissement de sa politique: la décision de servir à volonté les banques se présentant à ses opérations de refinancement, à taux fixe, a provoqué une forte augmentation de son bilan. Il n’est pas certain qu’elle aille plus loin et annonce son intention de procéder à des achats fermes de titres sur les marchés. Plutôt qu’imiter les autres grandes banques centrales, ce qui n’est pas facile au regard de ses contraintes réglementaires, la BCE pourrait augmenter la maturité de ses opérations de pensions pour sécuriser la position de liquidité des banques.
En rachetant des titres d’Etat, la Banque d’Angleterre s’y prend-elle de la bonne manière pour restaurer la confiance du système financier ?
La décision de la BoE a été bien reçue, surtout sur le marché des Gilts. L’achat de titres d’Etat par la banque centrale facilite le financement des plans de relance et de soutien au système financier. Il sécurise la détention de liquidités des banques. En permettant une baisse des rendements des titres d’Etat, il incite les investisseurs à prendre plus de risque, puisque celui-ci est mieux rémunéré. La restauration de la confiance prendra du temps, mais la meilleure rémunération du risque permet de détendre les conditions de financement de l’économie. L’inconvénient majeur de cette action est le risque de forte hausse de l’inflation à terme.
Plus d'articles du même thème
-
BlackFin ouvre son capital au fonds américain Blue Owl
Détenu par ses associés, le gérant français de private equity accueille le spécialiste des GP stakes comme actionnaire minoritaire afin d'accélérer son développement. -
Les livrets réglementés coûteront moins cher que prévu aux banques françaises
Le taux du Livret A augmente un peu moins qu’anticipé et celui du Livret d’épargne populaire reste stable. De mauvaises nouvelles pour les épargnants qui font les affaires des banques. -
La BCE dévoile la liste des 36 acteurs sélectionnés pour le pilote de l'euro numérique
Plus de 50 prestataires de services de paiement étaient candidats pour participer au projet de l'euro numérique. Seule une banque française a été sélectionnée : BPCE. -
BlackRock dépasse les 15.000 milliards de dollars d’encours sous gestion
La société de gestion américaine BlackRock, qui a publié ses résultats du deuxième trimestre 2026 mercredi 15 juillet, pulvérise à nouveau les attentes. -
La vente de SFR sera examinée par l'Autorité de la concurrence française
C’est finalement l’Autorité de la concurrence française qui va passer au crible l’offre conjointe de 20,35 milliards d'euros émise par Orange, Iliad et Bouygues pour le rachat de leur concurrent SFR, a-t-elle annoncé, mercredi 15 juillet. -
Richemont entraîne tout le secteur du luxe après un bond de ses ventes au deuxième trimestre
Le groupe suisse enregistre une hausse de 20% de son chiffre d’affaires à changes constants, bien au-delà des attentes du consensus, sur son premier trimestre fiscal 2027. L’action touche un plus haut.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
Au boulot !Manpower : « Nous avons 20 000 missions d'intérim et 6 000 CDI à pourvoir »
Les entreprises continuent d'offrir des postes qui ne trouvent pas preneur. Décryptage avec Benoît Derigny, le président de ManpowerGroup France -
Peut mieux faireFace à une croissance qui ralentit, la Chine voudrait relancer la demande intérieure
Alors que le PIB chinois a enregistré son pire résultat depuis 2022, Pékin met sur la table son premier plan quinquennal consacré à la consommation -
Un monde sans assurance est une économie sans souveraineté – par Jean-François Cousin
Face à la montée des cyberattaques et des catastrophes climatiques, les PME françaises sous-assurées fragilisent l’économie locale et plongent l’Etat dans un rôle d’assureur à haut risque