« L’incertitude sur la Grèce pèse sur la liquidité du marché du crédit »
L’Agefi: Pourquoi avez-vous réduit votre exposition au crédit de surpondérer à neutre entre mai et juin ?
Julien Daire : Notre changement de positionnement n’est pas lié aux fondamentaux intrinsèques du marché du crédit qui restent bons, mais plutôt à des facteurs exogènes qui en perturbent aujourd’hui la lecture et nous poussent à adopter une position plus défensive. Tout d’abord, en Europe, les dissonances politiques persistantes sur le futur de la dette grecque, et surtout l’implication ou non des détenteurs obligataires, pèsent de plus en plus sur l’appétit pour le risque des investisseurs. Par ailleurs, les publications macro-économiques décevantes aux Etats-Unis ajoutent encore un peu plus d’incertitude. Ces deux facteurs combinés n’incitent pas aujourd’hui à acheter et reprendre du risque, ce qui pèse fortement sur la liquidité et rend le marché du crédit illisible et instable.
Quelle est votre stratégie sur la classe d’actifs ?
Nous avons réduit notre duration crédit et resterons en attente tant que les incertitudes sur la Grèce ne seront pas levées. En revanche, notre opinion positive sur l’évolution des spreads à plus long terme n’est pas remise en cause car les fondamentaux des entreprises restent bons et les spreads historiquement élevés. Nous maintenons toujours notre préférence pour les financières (avec sélectivité) pour des raisons de valorisation, car nous pensons que même une contribution de celles-ci à une éventuelle restructuration de la dette grecque resterait gérable. Nous maintenons également notre surpondération sur le high yield européen pour le portage attractif au regard des taux de défauts anticipés.
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