L’incertitude grecque fait baisser l’euro au profit des monnaies refuge

L’euro a reculé face au dollar et au yen depuis début mai. Les craintes de contagion après une sortie de la Grèce auraient des effets baissiers
Violaine Le Gall
Photo: PHB/Agefi
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En mai, l’euro a pris une direction clairement baissière. L’euro/dollar est passé de 1,32 à 1,274, son plus bas niveau depuis mi-janvier, en un peu moins de trois semaines sur fond d’inquiétude croissante sur le sort de la Grèce. La volatilité sur la parité est remontée au niveau de mi-février.

La monnaie unique s’est également dépréciée contre d’autres devises. Elle a perdu 2,8 % par rapport au yen, qui fait aussi office de valeur refuge, 1,6 % par rapport à la livre sterling et 1% par rapport au dollar canadien. L’activité économique en berne dans la zone euro et, surtout, la réémergence du dossier grec ont en effet poussé les investisseurs à se repositionner sur des devises jugées plus défensives. Mais les autres monnaies européennes, considérées comme des valeurs refuge, n’ont pas profité du mouvement d’aversion pour le risque. L’euro est stable par rapport au franc suisse depuis début mai. Et les couronnes norvégiennes et suédoises perdent même du terrain face à la monnaie unique.

En Grèce, suite aux élections législatives, les principaux partis politiques ont été incapables de former une coalition. Un nouveau scrutin, qui s’apparentera à un référendum sur l’euro, est prévu le 17 juin. D’ici là, les marchés financiers risquent d'être plombés par l’incertitude sur le sort de la Grèce et sur la réaction de ses créanciers, l’Europe et le FMI, en cas d'élections d’un parti opposé au plan d’aide. «Cette guerre des nerfs va probablement continuer de peser sur l’euro», estiment les stratégistes change de BNP Paribas.

«Le risque que la Grèce quitte la zone euro a évidemment augmenté, observe Kit Juckes, stratégiste change chez SG CIB. Il est aussi insensé de minimiser les dangers d’une sortie de la Grèce que d’avoir minimisé les effets de contagion de la faillite de Lehman Brothers en 2008.»

Steve Englander, responsable de la stratégie change chez Citi, confirme ces risques de contagion. «Même la sortie d’un petit pays, qui n’aurait que des conséquences directes limitées en matière financière et économique, pourrait faire grandement monter les enchères parmi les investisseurs sur la sortie d’autres pays», estime-t-il. Les investisseurs vendront probablement l’euro jusqu'à ce qu’ils soient tout à fait convaincus par la solution politique apportée par les Européens, ajoute-t-il.

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