L’immobilier britannique se dirige en 2012 vers une nouvelle année de crise

Les prix pourraient baisser de 3% l’an prochain selon Hometrack. Il s’agirait de la cinquième année consécutive de repli du marché
Olivier Pinaud

Le marché immobilier britannique s’enfonce un peu plus dans la crise. Après quatre années de baisse depuis 2008, les prix devraient une nouvelle fois se replier l’an prochain. Selon le cabinet d’études Hometrack, la baisse pourrait atteindre 3%. Elle marquerait ainsi une accélération après le repli de 2,1% estimé pour 2011 et celui de 1,6% constaté en 2010. Et encore, le cas particulier de Londres, où le prix des logements a progressé de 1% cette année, soutenu par la demande étrangère, brouille le tableau. Au cours des douze derniers mois, le prix des biens immobiliers s’est replié dans 78% des communes britanniques.

La faiblesse des taux d’intérêt ne suffit pas à redynamiser le marché. La restriction du crédit bancaire mais aussi les effets des mesures d’austérité du gouvernement contraignent les achats de biens immobiliers, estime Hometrack. Le nombre de nouveaux acheteurs a chuté de 11% rien qu’au second semestre 2011, précise le cabinet d’études spécialisé dans l’immobilier. En face, l’offre de biens est restée stable. Au premier semestre, la demande avait augmenté de 14% mais était tout de même restée insuffisante pour absorber la croissance de l’offre (+19%).

Signe d’une crise profonde, le nombre de nouveaux propriétaires a lourdement chuté cette année. Selon Halifax, la filiale de prêts immobiliers de Lloyds Banking Group, seulement 187.000 britanniques ont acheté leur premier logement cette année, soit 7% de moins qu’en 2010. Il s’agit du plus faible nombre depuis la création de la statistique en 1974. Les chiffres de la construction sont à leurs plus bas niveaux depuis 1924.

La situation est prise au sérieux par le gouvernement de David Cameron. Celui-ci a dévoilé fin novembre une série de mesures destinées à relancer le marché. Le dispositif FirstBuy mis en place garantit ainsi aux primoaccédants un prêt à hauteur de 95% de la valeur de leur logement, une révolution alors que les nouveaux propriétaires devaient auparavant fournir un dépôt équivalent à 20% de la valeur du bien. Un fonds d’investissement doté de 400 millions de livres a également été mis sur pied afin de soutenir la construction de logements dans des programmes existants qui ont pris du retard. Objectif du gouvernement: relancer la construction de 16.000 nouveaux logements et soutenir 32.000 emplois.

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