L’IIF bat en brèche l’argumentaire de Paris sur les matières premières
Face à la volonté affichée par la France d’encadrer plus fermement les marchés de matières, l’Institute of International Finance (IIF) monte au créneau pour défendre le rôle joué par les financiers. Porte-parole des principales banques de la planète, l’IIF remet en cause tout amalgame entre investissement financier et volatilité. «Malgré des périodes de corrélation, il n’existe pas de preuve formelle démontrant un lien de causalité entre l’investissement financier dans les matières premières et l'évolution des prix ou de la volatilité», souligne le lobby du secteur financier dans un rapport publié lundi.
Pour expliquer ces sautes d’humeur du marché, l'étude met en avant la prépondérance des données fondamentales, telle que la hausse de la demande dans les pays émergents au cours des dernières années. Elle défend également le rôle joué par les investisseurs financiers, à savoir permettre «à de nouvelles informations sur les marchés spots et à terme, telles que des variations de l’offre ou des facteurs liés à la demande, d'être prises en compte». Dès lors, des pressions sur l’investissement financier «pourraient étouffer les signaux de prix envoyés aux fournisseurs, et par là même la réponse au niveau de l’offre».
Tout en accueillant favorablement les propositions pour une plus grande transparence des données de marché disponibles, l’IIF rejette l’introduction de limites de position, une idée que promeut Paris au sein du G20, estimant qu’elle risque d’entraîner des effets néfastes et involontaires (dysfonctionnement de la liquidité, distorsions du marché...). «De loin, la manière la plus efficace d’aborder le problème de la volatilité excessive et de la pression haussière sur les prix dans les marchés de matières premières est de traiter directement les déséquilibres sous-jacents en termes d’offre et de demande», propose le rapport.
En mai dernier, lors d’un colloque organisé par l’AMF sur la financiarisation des marchés de matières premières, le président de la Commission de régulation de l’énergie, Philippe de Ladoucette, rappelait que «les fondamentaux physiques sont déterminants pour les marchés de matières premières. Les cadres de régulation envisagés pour ces marchés doivent dès lors prendre en compte cette spécificité».
Hier, le Nyse Liffe a indiqué mener des discussions avec l’industrie en vue d'éventuelles limites sur les marchés du cacao, du café robusta et du sucre blanc.
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