L’idée d’un rééchelonnement de dette amène S&P à dégrader la Grèce
Après le signal donné ce week-end par la Grèce sur un éventuel recours d’Athènes à l’EFSF en 2012 et 2013, l’idée croissante d’une rééchelonnement de la dette grecque a amené hier S&P à baisser ses notes long terme de deux crans de «BB-» à «B». Celles à court terme passent de «B» à «C». D’ailleurs, la ministre grecque du Travail, Louka Katseli, a précisé que «la Grèce est en discussions avec ses partenaires de la zone euro pour trouver le moyen de couvrir en 2012 les 27 milliards d’euros de besoins qui ne seront pas comblés par le plan d’aide consenti par le FMI et la zone euro». Un retour sur les marchés dès 2012 est jugé aujourd’hui impossible, avec des taux supérieurs à 25% à 2 ans et proches de 16% à 10 ans.
Selon S&P, le rééchelonnement des prêts bilatéraux conduira les partenaires de la Grèce à imposer aux créanciers privés un traitement comparable, sous forme d’extension de maturité et de baisses des coupons. L’hypothèse d’un rééchelonnement à l’amiable de la dette privée grecque, sur le modèle de l’Uruguay en 2003, gagne du crédit chez les professionnels. Pour JPMorgan, en cas d’extension de la maturité de toutes les dettes arrivant à échéance d’ici à 5 ans, la Grèce aura du temps pour dégager un surplus primaire significatif et pourrait ainsi éviter une restructuration forcée sur le «modèle» argentin, où les décotes sont allées de 64 % à 82% selon les instruments.
Partant du cas d’une extension de 3 ans de la dette avec un remboursement au pair, ING arrive à la conclusion que les titres aux maturités les plus longues et aux coupons les plus élevés seraient les mieux protégés, à contrario de ceux aux maturités les plus courtes. Selon la banque, la différence entre la valeur de marché et la valeur actualisée nette post-rééchelonnement serait de 27 points pour les dettes d’échéance mars 2012 (taux de 4,3%), de 11 points pour ceux arrivant à terme en mai 2013 (taux de 4,6%), ce qui donne une idée des pertes auxquelles s’exposeraient les porteurs de ces titres. Une extension permettrait de diminuer les besoins de financement de la Grèce de 20 à 30 milliards d’euros par an, et même de 10 milliards de plus si un moratoire sur les coupons était décidé, calcule ING.
De quoi couvrir les besoins d’Athènes. Reste que pour S&P, et pour de nombreux observateurs, un rééchelonnement ne serait qu’une première étape avant une réduction pure et dure de plus de 50% du nominal des obligations.
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