L’idée de bons du Trésor européens gagne du terrain
Des différentes options de mutualisation des dettes, c’est l'émission de T-Bills européens qui tient la corde. Cette idée serait, selon le site allemand Spiegel Online une des composantes du paquet en préparation pour le sommet des 28 et 29 juin. Le quatuor formé des présidents de la BCE Mario Draghi, de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker, de la Commission, José Manuel Barroso et du Conseil, Herman van Rompuy, devrait en présenter l’esquisse aux gouvernements à la fin de cette semaine. «Des propositions très concrètes circulent», a confirmé hier à L’Agefi un porte-parole de la Commission, sans préciser lesquelles seraient éventuellement soumises.
L'émission conjointe d’obligations à court terme est également privilégiée par l’eurodéputé Sylvie Goulard dans un rapport d’initiative à venir et dont L’Agefi a eu connaissance. Elle est défendue de longue date par des économistes, dont Christian Hellwig et Thierry Philippon, et a reçu le soutien du FMI.
Les différents schémas imaginés convergent sur quelques points. Le marché d’euro-obligations à court terme (maturité de 1 ou 2 ans) serait créé par un institut d'émission européen auprès duquel les participants recevraient leur financement court terme. La profondeur du marché serait de 700 à 900 milliards d’euros, ce qui le rendrait comparable au marché des T-Bills américains. Les Etats émettraient eux-mêmes leur dette à plus long terme.
La participation au programme, limité dans le temps pour réduire l’aléa moral, serait soumise à une stricte conditionnalité : validation du budget national dans le cadre du semestre européen, application d’une surcharge en intérêt (à définir) proportionnelle au dépassement des critères de 3% de déficit et de 60% de dette sur PIB, possibilité ultime d’exclusion du programme. Selon les économistes Philippon et Hellwig, l'économie potentielle induite par la réduction des spreads serait de plus de 6 milliards d’euros pour l’Italie et de plus de 3 milliards pour l’Espagne, pour un financement en eurobills à concurrence de 10% du PIB. Des eurobills pourraient également détendre les taux à long terme des pays les plus exposés.
Enfin, la proposition présenterait l’avantage considérable, étant limitée en volume et dans le temps, d'être compatible avec la souveraineté budgétaire du parlement allemand, strictement définie par le tribunal constitutionnel.
Plus d'articles du même thème
-
L’IA dope la fraude face à des entreprises encore mal protégées
L’enquête Allianz Trade salue une prise de conscience grandissante mais encore insuffisamment traduite en mesures préventives. -
La Région Auvergne-Rhône-Alpes lance un appel d'offres pour un fonds défense de 100 millions d'euros
Auvergne-Rhône-Alpes Investissement, structure de gestion des participations régionales, recherche un ou plusieurs intermédiaires financiers pour constituer et gérer un fonds dédié aux industries de la défense, de la sécurité et des technologies souveraines. -
AIFM 2 : la transposition française de la directive prend beaucoup de retard
La France n’a pas encore achevé la transposition dans sa loi de la directive AIFM 2, attendue initialement pour le 16 avril. Ce retard entretient une zone d’incertitude pour les sociétés de gestion, notamment sur les fonds de dette et les outils de gestion de la liquidité. -
L’égalité des sexes dans les conseils d’administration des sociétés cotées perd du terrain
Le fonds de pension suédois AP2 publie son indice sur la représentation féminine. Il alerte sur le recul des femmes dans les conseils d’administration des sociétés cotées suédoises. -
BlackRock dévoile un fonds axé sur les actions suisses à forts dividendes
Le gestionnaire d’actifs américain lance le 26e fonds de sa plateforme helvétique. -
BNP Paribas AM nomme Benjy Sewell directeur des ventes ETF au Royaume-Uni
BNP Paribas AM renforce sa présence sur le marché britannique.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
Contenu de nos partenaires
-
« Le Hezbollah a fait partie de l'équipe iranienne qui négociait avec les Américains »
Le mouvement chiite libanais occupe une place de choix parmi les alliés du régime iranien, qui a insisté pour qu'un futur accord avec les Etats-Unis inclue le Liban -
Highway to hellLe sort de l'A69 entre les mains du Conseil d'Etat
Le sort de l'autoroute Toulouse-Castres est une nouvelle fois entre les mains de la justice, pour une décision qui pourrait mettre un terme à la guérilla juridique contre le chantier -
Time To Get SoftTrump et l'Iran : un accord faute de mieux
Donald Trump a juré de ne jamais reproduire l'accord iranien de Barack Obama. Trois mois de guerre plus tard, il est pourtant de retour à la table des négociations pour conclure un deal qui pourrait bien lui ressembler