«L’idéal serait de mixer titres d’Etat et créances à l’économie titrisées»
Jean-François Robin, responsable de la stratégie globale chez Natixis
Publié le
Patrick Aussannaire
- L’Agefi : Le lancement d’un QE par la BCE est-il crédible?
- Jean François Robin : La BCE est confrontée à un double défi. Faire repartir le crédit à l’économie notamment auprès des PME et des pays périphériques. Et lutter contre le risque de déflation, lié à un euro fort. Le QE est crédible car juridiquement acceptable (article 18) et techniquement faisable, la BCE ayant déjà procédé à un programme d’achats de titres d’Etat (SMP) ou de covered bonds. Le QE permettrait d’injecter de la liquidité, ce qui ferait baisser l’euro et relancerait l’inflation mais son impact sur le crédit dépendra du type de QE utilisé.
- Quels instruments pourraient être utilisés?
- Soit la BCE privilégie l’achats de titres d’Etat liquides et rapidement achetables dans le marché (le stock éligible à la BCE est de 4.600 milliards d’euros) mais avec l’inconvénient de moins favoriser les périphériques et d’encourager des achats massifs de titres en euro, ce qui aurait pour effet induit… une hausse du taux de change contraire à l’objectif visé. Soit elle achète des ABS liés aux entreprises (encours d’environ 760 milliards) mais ceux-ci sont déjà mobilisables à la BCE, donc il n’y aurait pas de création nette de monnaie, et les ABS liés au PME sont très limités à ce stade (55 milliards environ). L’idéal pour la BCE serait de disposer d’un encours suffisant de titres du type du récent ENSI (Euro Secured Notes Issuer) permettant d’acheter des titres collatéralisés par des nouveaux prêts à l’économie et notamment aux PME. Mais le premier vient juste d’être émis pour 2,6 milliards. L’idéal serait donc de mixer titres d’Etat et créances à l’économie titrisées.
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