L’hypothèse d’une indépendance de l’Ecosse gagne en crédibilité

Selon le dernier sondage YouGov, avec 51% des intentions de vote, les indépendantistes ont pour la première fois pris l’avantage sur les unionistes
Yves-Marc Le Réour

La tendance devient inquiétante pour Londres. A moins de deux semaines du référendum du 18 septembre, les partisans d’une indépendance de l’Ecosse ont pour la première fois pris l’avantage sur les défenseurs d’un maintien de cette région au sein du Royaume-Uni, montre le dernier sondage YouGov publié hier sur les intentions de vote. En laissant de côté les indécis, les indépendantistes recueillent désormais 51% des voix et les unionistes 49%. Les premiers accusaient encore un retard de 6 points voici moins d’une semaine et de 22 points début août.

En réponse à ce sondage, le gouvernement britannique dévoilera «dans les prochains jours» de nouvelles propositions destinées à l’Ecosse si celle-ci choisit de rester au sein du Royaume-Uni, a déclaré hier à la BBC George Osborne. Le ministre britannique des Finances a précisé que le plan concocté donnera à l’Ecosse «davantage de compétences en matière fiscale, en matière de dépenses et en matière d’Etat providence» et qu’il faisait l’objet d’un accord entre les trois grands partis représentés au Parlement britannique. Des propos considérés comme une tentative de corruption par Alex Salmond, président du Parti national écossais.

«La livre sterling sera attaquée lundi sur le marché des changes, ainsi que certaines actions du secteur bancaire comme RBS et Lloyds», estimait hier Jeremy Stretch, stratégiste devises chez CIBC. George Osborne a en effet réitéré son opposition à une union monétaire avec l’Ecosse au cas où les tenants d’une partition l’emporteraient. Alex Salmond a déjà fait savoir que le pays nouvellement indépendant refuserait alors de payer sa part de la dette publique britannique. Selon Citigroup, «une dépréciation de la devise britannique vers 1,56 dollar voire plus bas ne peut être exclue si l’Ecosse quitte le Royaume-Uni». Soit une baisse proche de 5% par rapport au niveau de 1,63 dollar de vendredi dernier.

Les investisseurs obligataires pourraient de leur côté être pris à revers en cas d’indépendance de l’Ecosse, qui serait alors effective le 24 mars 2016. Cet événement serait susceptible d’avoir le même effet sur les marchés de la dette qu’une dégradation de la note de crédit du Royaume-Uni, ont récemment indiqué les analystes de BNP Paribas. Dans cette hypothèse, des négociations devraient par ailleurs être menées sur le pétrole de la mer du Nord et l’avenir de la base nucléaire sous-marine britannique en Ecosse.

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