L’évolution du marché du travail concentre l’attention de la Fed

Une étude publiée par des membres de la Fed estime que la baisse du taux de participation, qui s’est poursuivie en août, est d’origine structurelle
Patrick Aussannaire

La Fed suit de près les mutations du marché de l’emploi américain. Si les créations d’emploi non agricoles ont déçu en retombant à 142.000 en août après six mois consécutifs au-dessus du seuil des 200.000, l’économie américaine a créé en moyenne 207.000 emplois sur les douze derniers mois. Soulignant les inquiétudes maintes fois répétées par Janet Yellen, la baisse du taux de chômage –à 6,1%, son plus faible niveau depuis septembre 2008– est due à une baisse parallèle du taux de participation à 62,8%. Depuis début 2008, il a reculé de 3,8 point pour revenir à son niveau de 1978.

Pourtant, une étude publiée en fin de semaine dernière par des membres de la Fed estime que 90% de la baisse du taux de participation constatée aux Etats-Unis entre 2007 et 2013 est d’origine structurelle. Les autorités américaines «ne devraient pas s’attendre à une hausse importante du taux de participation par rapport à ses niveaux actuels dans la mesure où les conditions du marché du travail continuent de s’améliorer. Nos projections suggèrent une poursuite de la tendance baissière du taux sur la prochaine décennie», indique le rapport.

L’étude conclut que le taux de chômage structurel est plus élevé. «Le FOMC devrait prévoir que le taux de chômage atteigne son niveau d’équilibre de 5,25% à 5,5% plus rapidement que prévu», estime Citigroup. Ce qui signifie que des tensions sur les salaires pourraient apparaître plus tôt. Si les salaires n’ont progressé que de 2,1% sur un an, ne reflétant ainsi pas de surcapacités sur le marché du travail (slack), CA CIB prévoit une résorption des surcapacités avec une accélération des salaires vers un rythme de 3%, jugé acceptable par la Fed pour débuter une remontée des taux.

«Si les Etats-Unis se rapprochent du plein emploi, le taux directeur devrait rapidement converger vers son niveau naturel, et non pas lentement comme l’anticipe actuellement le marché des taux Fed funds», estime Citigroup. Cette étude devrait ainsi être exploitée par les faucons du FOMC qui réclament une normalisation monétaire précoce. «Janet Yellen elle-même a récemment laissé la porte ouverte à un calendrier plus resserré en mettant en avant que le taux de chômage baisse désormais en raison d’une réelle amélioration de l’état du marché du travail», rappelle Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC.

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