L’eurozone reste défiante à l'égard d’Athènes

Avant le 15 février, Bruxelles va renforcer ses contrôles sur la mise en œuvre des réformes
Florence Autret, à Bruxelles
Manifestations devant le parlement grec le 7 février 2011. Photo : Kostas Tsironis/Bloomberg
Manifestations devant le parlement grec le 7 février 2011. Photo : Kostas Tsironis/Bloomberg  - 

Les ministres des finances de la zone euro se sont fixés un nouveau rendez-vous le 15 février pour boucler définitivement le deuxième plan d’aide à la Grèce et l’offre d’échange d’obligations aux créanciers privés qui doit apporter à Athènes un ballon d’oxygène de respectivement 130 et 100 milliards d’euros. D’ici là, le vice-Premier ministre grec, sommé de donner des gages, devra retourner devant le parlement. La Commission européenne va aussi renforcer sa présence à Athènes pour surveiller la mise en œuvre des réformes.

«Il n’y aura pas de déboursement sans mise en œuvre» des engagements, a insisté Jean-Claude Juncker jeudi, tard dans la soirée, à la sortie de la réunion. Le président de l’eurogroupe a admis que la tenue de cette réunion, à laquelle François Baroin n’a pas participé, était avant tout tactique et visait à augmenter la pression sur les négociateurs. «Si je ne l’avais pas convoqué, nous n’aurions pas eu d’accord au niveau technique ce matin à six heures» à Athènes entre le gouvernement grec et la troïka, composée de la Commission, de la BCE et du FMI. Mais «en dépit d’importants progrès au cours des derniers jours, nous n’avons pas encore tous les éléments pour décider», a-t-il ajouté.

D’ici mercredi, le gouvernement grec doit faire approuver le programme de réforme contenu dans l’accord technique avec la troïka. Le parlement grec devrait siéger dimanche. Il doit trouver 325 millions d’euros de coupes budgétaires supplémentaires pour 2012 (en plus des 3 milliards d’euros déjà inscrits dans l’accord avec la troïka). Cette somme correspond aux économies qui auraient été faites au titre de la réduction des retraites à laquelle les partis politiques se refusent. Enfin, les partenaires d’Athènes attendent un «accord des partis» de gouvernement pour «s’assurer que le programme sera bien mis en œuvre après les élections» législatives d’avril 2012. Jean-Claude Juncker n’a pas précisé sous quelle forme.

Berlin et La Haye en particulier ont insisté pour disposer d’une liste d’«actions préalables» que la Grèce devra mettre en œuvre avant le premier déboursement du second plan attendu en mars. La liste de ces actions devrait être précisée la semaine prochaine. Plusieurs sources ont mentionné la réduction de 20% du salaire minimal et les recapitalisations des banques.

Du côté de la restructuration de la dette, «la participation du secteur privé est pratiquement finalisée», a assuré le commissaire en charge des affaires économiques et monétaires Olli Rehn. Elle doit être approuvée en même temps que le nouveau plan, la semaine prochaine, a confirmé l’International Institute for Finance dans la nuit. A Francfort dans l’après-midi, le président de la BCE avait esquissé la voie d’une participation indirecte de l’institution, via les banques centrales de l’eurosystème qui, renonçant au gain potentiel réalisé sur les quelques 50 milliards d’euros d’obligations grecques qu’elles détiennent, permettrait à leurs actionnaires, les gouvernements, de délester Athènes d’une fraction supplémentaire de la dette. Cette participation publique ne serait cependant mise en œuvre qu’en ultime recours, quand, après l’expiration de l’offre d’échange faite au secteur privé,le montant de la participation du secteur privé sera connu.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...