L’Europe vole au secours de l’Irlande
La mise au point d’un plan de sauvetage financier de l’Irlande n’est plus qu’une «question de jours», a déclaré hier la ministre des finances Christine Lagarde à l’issue d’une réunion de l’Eurogroupe. Jeudi, une mission de la Commission européenne, de la BCE et du FMI prendra la route de Dublin pour évaluer, en particulier, les besoins des trois banques défaillantes de l’île. La participation du Royaume-Uni sera discutée aujourd’hui. L’Irlande n’a toujours pas officiellement demandé l’aide des Vingt-Sept.
La priorité, dans les jours qui viennent, consiste à apprécier les besoins de Dublin. La séquence arrêtée hier ressemble à s’y méprendre à celle ayant précédé l’aide à la Grèce. «Nous saluons la détermination du gouvernement irlandais de s’engager dans des consultations rapides et ciblées avec la Commission, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international afin de déterminer le meilleur moyen de fournir tout soutien nécessaire pour résoudre les risques de marché, spécialement en ce qui concerne le secteur bancaire…», a déclaré hier le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker.
Comment s’articuleront ensuite les différents instruments mis sur pied au printemps qui combinent un mécanisme purement communautaire de 60 milliards, la facilité intergouvernementale de 440 milliards et enfin les 250 milliards du FMI? Le sujet reste en suspens, d’autant plus qu’une participation additionnelle du Royaume-Uni pourrait intervenir sous la forme de prêts bilatéraux. «Cela fait partie des options qui peuvent être évoquées», a dit hier Christine Lagarde, ajoutant que le plan irlandais ne serait pas nécessairement «un copier/coller» du plan grec. Le FMI devrait abonder le plan à concurrence de la moitié du total des financements mobilisés par les divers outils européens, qu’ils soient communautaire, intergouvernemental ou bilatéral. Des chiffres oscillant entre 50 et 100 milliards circulaient hier, sans trouver de confirmation auprès des délégations.
«Dans le cas de l’Irlande, contrairement à la Grèce, le travail sur les finances publiques a été fait. Le travail porte sur les banques. C’est très compliqué à analyser», confiait hier une source proche des négociations. Il semble cependant que la conditionnalité de l’aide européenne, notamment la possibilité de demander un relèvement de l’impôt sur les sociétés, pose problème. Le ministre irlandais des finances a avancé au début de la semaine prochaine la présentation de son plan de rétablissement des finances publiques.
Le directeur général de la Facilité européenne de stabilisation de l’euro (EFSF), la structure abritant les 440 milliards d’euros de garanties mises en commun par les membres de la zone euro, prépare d’ores et déjà une première émission. «Si un actionnaire demande un soutien et que l’Eurogroupe l’accepte unanimement, l’EFSF sera prête à aller sur le marché», a déclaré hier Klaus Regling qui a fait, ces dernières semaines, le tour des investisseurs. «L’intérêt est là», a-t-il dit, «particulièrement en Asie». «Il est possible de mobiliser de substantiels montants rapidement», c’est-à-dire «en l’espace de quelques jours».
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