L’Europe s’attaque à ses règles en matière de concurrence
L’Union européenne va engager la réforme de ses règles en matière de concurrence afin de mieux tenir compte de la mondialisation et de la numérisation de l’économie, a annoncé en fin de matinée Margrethe Vestager, la vice-présidente exécutive de la Commission européenne en charge de ces sujets. Les règles actuelles remontent à 1997.
« Des changements tels que la mondialisation et la numérisation font que de nombreux marchés fonctionnent différemment de ce qu’ils étaient il y a 22 ans », a reconnu Margrethe Vestager lors d’une conférence à Bruxelles.
« Le moment est donc venu de revoir l’avis sur la définition du marché. Nous voulons nous assurer que les directives qu’elle donne sont exactes et à jour, et qu’elles établissent une approche claire et cohérente des affaires de concurrence et de fusion dans les différentes industries, d’une manière qui soit facilement accessible », a-t-elle ajouté, appelant les parties intéressées à faire part de leurs commentaires.
L’examen portera sur la portée géographique des marchés. Les régulateurs examineront également comment les marchés sont définis en termes de produits et si les consommateurs peuvent facilement passer d’un produit à un autre, d’autant plus que la numérisation signifie que certains produits sont gratuits alors que certains géants technologiques sont également actifs dans différents domaines.
L’ouverture de cette réforme intervient alors que la Commission européenne, et plus particulièrement sa commissaire en charge du sujet, est régulièrement critiquée pour ses prises de positions en matière de concurrence. Les gouvernements français et allemands avaient par exemple publiquement et fermement regretté que l’ampleur des remèdes demandés à Alstom et Siemens Mobility pour valider leur fusion ait contraint les deux fabricants de trains à renoncer à leur projet.
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