L’Europe reste à l'écart du marché des sukuks
L’Europe reste à l’écart de la croissance du marché des sukuks. Les émissions d’obligations islamiques ont atteint un record l’an dernier, à 84,5 milliards de dollars, selon une étude de Standard & Poor’s, contre un peu plus de 50 milliards en 2010. Les souverains et les entreprises parapubliques réalisent près de 90% des volumes, alors que leur part était encore inférieure à 50% en 2008. Mais la Malaisie représente encore plus des deux tiers des émissions, et les relais de croissance hors de la sphère traditionnelle des pays musulmans (Afrique du Nord, Moyen-Orient, Asie) tardent à se matérialiser.
En dépit de la volonté affichée par certains Etats comme la Grande-Bretagne d’émettre des sukuks, aucune opération n’a en effet eu lieu en Occident. Du côté des signatures privées, seul HSBC est allé solliciter le marché à hauteur de 500 millions de dollars, tandis que Goldman Sachs a annoncé un programme de 2 milliards, pas encore mis en œuvre. «Nous nous attendons à ce que de telles émissions restent l’exception, estime S&P. Les émetteurs européens n’auront pas d’impact sur le marché mondial des sukuks tant que la crise de la dette souveraine ne se sera pas dissipée». En France, le premier placement de sukuks se fait donc toujours attendre.
S&P espère certes une montée en puissance d’autres émetteurs, notamment en Afrique sub-saharienne, et un nouveau record en 2012, avec déjà 20 milliards de dollars placés sur le mois de janvier. Les sukuks restent une niche minuscule (1% du total des émissions obligataires mondiales), fragmentée, et peu liquide, avec beaucoup de placements de gré à gré et des cotations limitées aux marchés domestiques. Autant d’éléments qui freinent la croissance de ce marché.
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