L’Europe incitée à faire plus pour la croissance

Les Etats-Unis et le Canada réclament une action urgente. L’Allemagne défend la rigueur
Antoine Duroyon
Rencontre des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des pays du G20 à Cairns, les 20 et 21 septembre 2014. © Commonwealth of Australia
Rencontre des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des pays du G20 à Cairns, les 20 et 21 septembre 2014. © Commonwealth of Australia  - 

Réunis samedi et dimanche à Cairns, une ville côtière du Queensland (Australie), les ministres des Finances et banquiers centraux des pays du G20 ont estimé être en mesure d’accroître la croissance mondiale de 1,8% d’ici 2018 grâce à une série de nouvelles initiatives. Soit un niveau proche de l’objectif de 2% arrêté en février dernier à Sydney. «Nous sommes résolus à augmenter la croissance et les pays entendent employer tous les leviers macroéconomiques, budgétaires et structurels, pour relever ce défi», a affirmé Joe Hockey, le ministre australien des Finances.

Les grands argentiers ont souligné l’importante «vitale» de l’investissement pour soutenir la demande et stimuler la croissance. Leurs efforts porteront notamment sur de grands travaux, avec l’adoption d’une initiative visant à mettre en oeuvre un agenda pluriannuel en matière d’infrastructures. «Dans le déploiement de nos stratégies de croissance, nous chercherons à soutenir la qualité des investissements publics et privés, y compris en optimisant le recours aux capitaux publics tout en maintenant des contrôles du risques appropriés», mentionne le communiqué final.

Parmi les autres sujets ayant fait consensus, les participants ont décidé d’avancer sur la question de la lutte contre l'évasion fiscale, avec la mise en place prévue d’ici 2017 à fin 2018 d’une norme commune pour l'échange automatique d’informations. Pour le secteur bancaire, les représentants ont par ailleurs discuté d’un niveau de «capacité d’absorption des pertes» représentant entre 16 et 20% des actifs pondérés du risque des principaux établissements.

Si les participants à ce G20 Finances ont voulu souligner dans le communiqué final leur détermination à créer des conditions économiques favorables, les moyens pour y parvenir ont suscité en arrière-plan quelques frictions. Le secrétaire au Trésor américain Jack Lew a fait état de «divergences philosophiques avec nos amis européens», appelant ces derniers à des mesures immédiates. «Ce que je crains, c’est que si les initiatives prises pour stimuler la demande tardent trop, il y ait un risque que les obstacles s’accumulent. Or, l’Europe a besoin de stimulants économiques», a estimé le responsable américain. Par la voix de son ministre des Finances, le Canada a embrayé. «Une action forte et un leadership politique sont indispensables afin de faire en sorte que la croissance dans la région ne se cale pas sur une trajectoire durablement faible», a déclaré Joe Oliver.

Un appel nord-américain reçu avec une certaine froideur du côté de l’Allemagne. «Il n’y a pas une grande marge de manoeuvre du côté de la demande et en ce qui concerne la politique monétaire pour soutenir une croissance durable», avait expliqué Wolfgang Schaüble, le ministre allemand des Finances, avant même le début de la réunion. Le communiqué du G20 évoque une préoccupation quant à d'éventuelles pressions déflationnistes, ainsi que le potentiel d’une accumulation excessive des risques sur les marchés financiers, «particulièrement dans un environnement de taux bas et de faible volatilité des prix des actifs».

Si la langueur de l'économie européenne a été largement soulignée, le ralentissement de la Chine a été mis en sourdine. Le ministre des Finances Lou Jiwei s’est contenté d’affirmer que la politique macro-économique de la Chine, focalisée sur des objectifs de croissance globaux (stabilité de l’inflation et de l’emploi), ne sera pas perturbée par le bouleversement d’un seul indicateur.

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